Résumé

Les deux chèvres : récit comique et satirique (1865)

Soudain devant leurs pas, un vide affreux se forme, La ligne d'un chemin de fer, Creusée à pic dans la montagne.
Il semble qu'à leurs pieds, quelque malin géant Se riant de leur sort, ait tranché la campagne Et formé ce gouffre béant.
Que vont-ils devenir? nulle part une issue, Partout leurs pas sont arrêtés.
De fuir, l'espérance est déçue ; On les cherche de tous côtés.
Notre belle chevrette a l'oreille un peu basse, Craint à chaque détour de se trouver en face De son époux trop offensé.
L'amant, haletant, courroucé : « Fatal destin, dit-il, un pont sur cet abîme Et nous étions sauvés. »
Source : Gallica

Les deux chèvres : récit comique et satirique (1865)

Ils revenaient joyeux, à leurs amours fidèles; La Paix est fille de la Nuit.
Mais il est d'ingrates natures Parmi les animaux, comme chez les humains.
Pour celles-ci, la nuit, c'est l'heure des parjures, C'est l'instant d'accomplir tous les mauvais desseins.
Sans doute c'est la nuit que naquit cette histoire.
Notre belle chevrette noire, Peu soucieuse du bercail, Bon pour le vulgairé bétail,
S'esquive à la faveur de l'ombre, S'enfonce dans un hallier sombre, Où l'attend son bouc décoré, La merveille des boucs !
Source : Gallica

Les deux chèvres : récit comique et satirique (1865)

Telle qui ne pourrait avoir tout, ne veut rien.
Ces filles-là, je les estime ; Car si le célibat, pour l'homme, est presqu'un crime • (Le prêtre est excepté, c'est, je pense, entendu) , Chez une femme il est vertu.
Renoncer à l'amour pour une vie entière, Plutôt que mal s'unir, est d'âme noble et fière ; - - Et celle qui se vend ne vaut pas un fétu.
Mais que vient faire ici le blâme sur mes lèvres, Puisqu'il ne s'agit que de chèvres.
On s'attend, d'après le début, A mainte galante aventure : A quelque bouc rôdant pour atteindre son but; La chevrette sera parjure.
Source : Gallica

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