Les deux chèvres : récit comique et satirique (1865)
“ Soudain devant leurs pas, un vide affreux se forme, La ligne d'un chemin de fer, Creusée à pic dans la montagne. Il semble qu'à leurs pieds, quelque malin géant Se riant de leur sort, ait tranché la campagne Et formé ce gouffre béant. Que vont-ils devenir? nulle part une issue, Partout leurs pas sont arrêtés. De fuir, l'espérance est déçue ; On les cherche de tous côtés. Notre belle chevrette a l'oreille un peu basse, Craint à chaque détour de se trouver en face De son époux trop offensé. L'amant, haletant, courroucé : « Fatal destin, dit-il, un pont sur cet abîme Et nous étions sauvés. » ”
