Résumé

Portrait de Louisa Siefert Louisa Siefert L’Année républicaine

Scandant leur hymne saint de rumeurs inquiètes,
À la fois ils chantaient.
Tout était plénitude & tout exubérance :
Les plus audacieux défis à la souffrance
Vibraient aux monts déserts.
L’herbe avait des fiertés, l’arbre des énergies :
C’était dans les couleurs d’éclatantes orgies,
Des hourras dans les airs.
Et l’homme sous ses pieds sentant frémir la terre,
Déchiffrant d’un coup d’œil le souverain mystère
De sa sérénité,
S’écriait à son tour avec un geste auguste :
— L’harmonie est la loi, le plus grand est le juste,
Liberté, liberté !
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Portrait de Louisa Siefert Louisa Siefert L’Année républicaine

Poëte, qui veut croire avec vous se recueille :
Quand, lassé des concerts de l’astre & de la feuille,
L’esprit qui pense est revenu
Au gouffre intérieur où s’égare son rêve,
Le vôtre le soutient, l’entraîne & le soulève
Dans cet autre immense inconnu.
Car vous avez toujours pour qui souffre des larmes,
Pour qui meurt des regrets, pour qui combat des armes,
Ô père, ô poète béni !
Car votre âme est plus tendre encor qu’elle n’est forte,
Car votre foi commande & jusqu’à nous apporte
L’écho vibrant de l’infini.
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Portrait de Louisa Siefert Louisa Siefert L’Année républicaine

D’après vous l’hymne saint, l’impétueux délire
De l’océan, de la cité.
Poëte, qui veut vivre, étant ce que nous sommes,
Sans révolte envers Dieu, sans haine pour les hommes,
Sans remords du temps dépensé,
À votre front contemple imposante & sereine
La seule majesté qui règne en souveraine
Sur l’avenir & le passé.
Père, qui veut aimer de votre cœur s’approche :
Sur les oiseaux des bois, sur les fleurs de la roche,
Sur les mères, sur les enfants.
Sur les noirs travailleurs qui songent, sur la foule.
De votre œuvre multiple une pitié découle
Qui fait les vaincus triomphants.
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