Résumé

Léonard Dessailly Aux soldats du canton de Châtillon-sur-Marne… (1871)

Or, la grande force pour mourir comme meurent les braves est de vivre et de mourir en chrétien. Le soldat chrétien, sur le champ de bataille, est calme, résolu et intrépide. Car il sait que si Dieu le frappe à mort, que si sa glorieuse poitrine de soldat ne doit pas briller de la croix de l'honneur que lui préparait la Patrie reconnaissante, c'est que Dieu se réservait lui-même de déposer de sa main divine sur son noble front la couronne impérissable, et dans son vaillant coeur des joies meilleures que celles de la terre, les joies de l'éternité.
Source : Gallica

Léonard Dessailly Aux soldats du canton de Châtillon-sur-Marne… (1871)

Mais si le devoir, pris isolément, est pénible, que sera-ce de la totalité du devoir? Et qui est l'homme pour soulever cette montagne du devoir ? un roseau tremblant, un courage fragile et facilement brisé. Qui oserait bien soutenir que l'homme est fort, que le devoir complet et absolu n'est pas au-dessus de ses forces ? Ainsi ôtez le devoir comme fondement de la société, celle-ci périt ; d'un autre côté, le fardeau du devoir est tellement lourd à porter, que l'homme succombe à la tâche. Que devenir, ô ennemis incessants de la religion, que devenir? Faut-il périr?
Source : Gallica

Léonard Dessailly Aux soldats du canton de Châtillon-sur-Marne… (1871)

Puisque nous voulons vivre et puisque notre force d'homme ne suffit pas à soulever la montagne du devoir, il faut de toute nécessité que notre force humaine ou plutôt que notre faiblesse humaine soit aidée et secourue par une force surhumaine : il faut que Dieu qui nous a créé société, qui nous a fait homme et homme fragile, qui nous a commandé de vivre et qui a posé à notre vie une condition impossible, il faut que Dieu juste, Dieu sage, Dieu bon, intervienne auprès de nous, et qu'il accepte de venir compléter notre force impuissante par sa force toute puissante.
Source : Gallica

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