Résumé

Réflexions du passé sur le présent et pour l'avenir… (1830)

On a dit, il y a long-temps, que les princes semblent ordonner de faire tout ce qu'ils font eux-mêmes.
La religion, loin d'être un frein pour les souverains! les a mis à portée de se livrer sans crainte et sans remords a des égaremens aussi funestes, pour eux-mêmes, que pour les nations qu'ils gouvernent. Ce n'est jamais impunément que l'on trompe les hommes. Dites à un prince qu'il est un dieu, bientôt il croira qu'il ne doit rien à personne. Pourvu qu'on le craigne, il se souciera peu d'être aimé, il ne connaîtra ni règles, ni rapports avec ses sujets, ni devoirs à leur égard.
Source : Gallica

Réflexions du passé sur le présent et pour l'avenir… (1830)

Est-il donc surprenant que les dieux de la terre se croient tout permis, et ne regardent leurs sujets, que comme les vils instrumens de leurs caprices ou de leur ambition?
La religion a fait, en tous pays, du monarque de la nature, un tyran cruel, fantasque , partial, dont le caprice fait la règle. Le Dieu-monarque n'est que trop bien imité par ses représentans sur la terre ; partout la religion ne semble imaginée que pour endormir les peuples dans les fers, afin de fournir à leurs maîtres la facilité de les dévorer, ou de les rendre impunément malheureux.
Source : Gallica

Réflexions du passé sur le présent et pour l'avenir… (1830)

Les princes sont-ils donc véritablement intéressés à être des tyrans, la tyrannie ne les prive-t-elle pas de la vraie puissance, de l'amour des peuples, de toute sûreté. Tout prince raisonnable ne devrait-il pas s'apercevoir que le despote est un insensé,: qui ne fait que nuire à lui-même? Tout prince éclairé ne doit-il pas se défier des flatteurs , dont l'objet est de l'endormir sur le bord du précipice qu'ils ouvrent sous ses pas. La religion favorise les égaremens des princes en les délivrant de la crainte et des remords.
Source : Gallica

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