Résumé

Portrait de Marie d’Agoult Marie d’Agoult VII. M. DE LAMARTINE. — M. THIERS.…

Il s’en faut que nous trouvions chez M. Thiers cette unité de direction morale. Enclin par nature à je ne sais quel fatalisme insouciant, n’ayant reçu dans sa jeunesse nulle tradition d’aucune sorte, façonné dans l’intimité de M. de Talleyrand à l’unique culte du succès, M. Thiers, historien et homme d’Etat, a masqué sous une certaine flamme d’imagination le plus invétéré scepticisme. Le vrai et le faux, le juste et l’injuste, se résument pour lui dans la notion de nécessité heureuse ou malheureuse. Toute force l’attire indifféremment, toute puissance lui semble élément légitime.
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Portrait de Marie d’Agoult Marie d’Agoult VII. M. DE LAMARTINE. — M. THIERS.…

Le moment n’est pas venu d’apprécier les actes de Lamartine à partir de ce jour où l’acclamation de la France lui remit, dans les circonstances les plus périlleuses, un pouvoir étrange par sa nature indéfinie, étrange surtout par son action partagée et ses vagues limites. À peine quatre mois se sont-ils écoulés, que tout l’enthousiasme sans égal qu’il inspirait se glace tout d’un coup. Un brusque revirement, trop ordinaire dans nos révolutions, une soif d’ingratitude qui ne sait point attendre, le rend presque seul responsable des maux dont on gémit.
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Portrait de Marie d’Agoult Marie d’Agoult VII. M. DE LAMARTINE. — M. THIERS.…

Deux choses seulement ont été toujours et sont plus que jamais souverainement antipathiques à ce fils ingrat des révolutions : le peuple dont il est issu ; la liberté qui l’a fait célèbre et riche.
Chose bizarre ! Malgré une pratique presque incessante des affaires et une connaissance des hommes bien supérieure à celle de Lamartine, qui les voit travers la magnanimité de son propre cœur, M. Thiers s’est montré, au dernier jour de la dynastie, aveugle, et l’on pourrait dire naïf, de manière à confondre l’idée qu’on s’était formée de son habileté.
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