Résumé

P.L. Revue des Deux Mondes

Nous sommes, nous, le public impartial, le vrai public, celui du lendemain, et certes c’est bien aujourd’hui qu’il convient de le peindre au complet, cet hiérophante moqueur qui, durant soixante ans, ne cessa d’instruire et de corrompre, de railler et de charmer le monde. Cette royauté de l’esprit est la moins contestée, la plus retentissante et la plus longue qu’un homme soit jamais parvenu à fonder, et Voltaire ne l’eût pas établie avec ses seuls talens, s’il n’eût été en outre le plus habile, le plus consommé diplomate.
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P.L. Revue des Deux Mondes

L’influence du XVIIIe siècle a été immense sur le monde, et l’influence de Voltaire a été immense sur le XVIIIe siècle. Toute l’époque est empreinte de lui. Ce n’est ni le plus poétique, ni le plus éloquent, ni le plus érudit, ni le plus gai, ni le plus profond : c’est le plus étonnant des écrivains ; il touche à tout en laissant partout son cachet. Voltaire pousse la facilité jusqu’au prodige, la clarté jusqu’à l’évidence, le naturel jusqu’à la grace
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P.L. Revue des Deux Mondes

Quoi ! vous avez de l’or dans une main, une couronne dans l’autre, et la muse passe sans s’arrêter ! Il y a là quelque malentendu qu’il serait aisé de faire disparaître. Alors un peu d’éloquence se mettrait peut-être de la partie ; un peu d’enthousiasme sincère, de vraie passion, quelques idées neuves, un bon style, feraient leur entrée sans trop de bruit. Cet idéal n’est pas exagéré, il est possible, et pourtant il ne touche pas à la réalité actuelle ; il en est même assez loin. Pauvres concours ! on a dénaturé jusqu’à leur pensée principale, et l’on couronnera bientôt des fronts chenus.
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