C. -M. Savarit

Résumé

C. -M. Savarit Revue des Deux Mondes

Dans cette dernière ville, où le particularisme est puissant, un bon nombre de savants et de lettrés, et non des moindres, n’appartiennent pas à l’Académie. Une sorte de rivalité semble s’être établie entre celle-ci et l’Université. Ce phénomène n’est d’ailleurs pas spécial à Lyon, soit que les Académies boudent les universitaires, soit que ceux-ci boudent les Académies locales. Il serait tout à fait désirable qu’un accord plus cordial s’établît entre les unes et les autres, qui ont le même but : le progrès des sciences, des lettres et des arts.
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Nos Académies de province sont peuplées de vrais savants et de lettrés délicats. Trop souvent leurs travaux expirent aux limites de leur province. C’est grand dommage. Nous avons un même patrimoine à défendre. Comme elle a partie liée avec la jeune Académie de Belgique, pour la diffusion de la langue française à travers le monde, pourquoi l’Académie française ne s’entendrait-elle pas avec les Académies de province, afin de travailler à la conservation des souvenirs de notre passé, et à l’accroissement des richesses littéraires de la mère-patrie ?
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Ainsi pourrait s’établir, par le refleurissement et le développement d’une tradition séculaire, une organisation de la vie intellectuelle en France, avec le concours de tous les citoyens les plus éclairés, une sorte d’union de l’esprit, dévouée au meilleur rendement du travail de l’intelligence, et qui, au-dessus des passions politiques, trop habituelles aux démocraties, pourrait, aux heures de trouble ou de péril, faire entendre la haute voix de la conscience nationale.
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