Théophile Gautier,
Militona
(1847)
“ L’âme féminine la plus sèche a toujours quelque fibre qui palpite, pincée par l’amour-propre et la jalousie. Sans trop savoir pourquoi, Feliciana fit une toilette exorbitante et tout à fait déplacée pour la circonstance : pressentant une lutte, elle se revêtit de pied en cap de la plus solide armure qu’elle put trouver dans l’arsenal de sa garde-robe, non que, dans son dédain de bourgeoise riche, elle crût pouvoir être battue par une simple manola, mais instinctivement elle voulait l’écraser par l’étalage de ses splendeurs, et frapper Andrès d’une amoureuse admiration. ”
