Résumé

Étrennes à l'armée française (1830)

L'obéissance aveugle n'est donc faite que pour les esclaves. Le citoyen n'est jamais tenu de sacrifier son honneur et sa vertu : il n'obéit qu'à ce qu'il sait que l'autorité a droit de lui commander; et jamais l'autorité n'a droit de rien commander de contraire à la nature, à la justice , au bien-être de la société auxquels elle est subordonnée. Pour qu'un Prince chatiât justement ses sujets, il ne lui suffirait pas d'alléguer en général qu'ils n'ont pas exécuté ses ordres : il faudrait de plus qu'il fût prouvé qu'ils pouvaient faire en honneur et en conscience ce qu'il leur avait commandé.
Source : Gallica

Étrennes à l'armée française (1830)

Un Militaire dit qu'il sert le Roi : s'il parlait autrement, et qu'il osât dire qu'il sert la Patrie, il se fermerait la porte des grâces. C'est le Roi qui distribue les dignités : on ne pense qu'à lui, on ne parle que de lui ; comme si ce n'était pas la Patrie qui, par les mains de son Chef, confie à chacun l'emploi honorable dont elle le croit digne. L'homme en place dit qu'il est Serviteur du Roi, qu'il exécute les Ordres du Roi son maître. Expressions favorites des Militaires, mais qui ne conviennent que dans un Gouvernement despotique où il n'y a qu'un maître et des esclaves
Source : Gallica

Étrennes à l'armée française (1830)

L'obéissance peut être illimitée, lorsque la volonté du Souverain ne sera que l'expression de la volonté publique. Mais elle serait aveugle, insensée, criminelle, si un tyran substituait sa volonté propre à celle de la Société à laquelle les sujets sont unis par des liens antérieurs, et bien autrement sacrés que ceux qui les attachent au Prince. Ceux qui refusent d'obéir à ce pouvoir injuste, nuisible, et que la société désapprouve, loin d'être des rebelles, sont des citoyens fidèles à la Patrie.
Source : Gallica

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