“ Allez-vous être heureux quand je serai dans la terre? Direz-vous, dans vingt ans d'ici: «Ceci est le tombeau de Catherine Earnshaw. Je l'ai aimée autrefois et j'ai souffert de la perdre, mais c'est fini. J'en ai aimé bien d'autres depuis; mes enfants me sont plus chers qu'elle ne l'a été, et quand je mourrai, au lieu de me réjouir d'aller vers elle, je m'affligerai d'être forcé de les quitter.» Direz-vous cela, Heathcliff? ”
Catherine Earnshaw
Définition et enjeux
Citations sur “Catherine Earnshaw”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1847)
“ Catherine Earnshaw, puisses-tu ne pas trouver le repos tant que je vivrai ! Tu dis que je t’ai tuée, hante-moi, alors ! Les victimes hantent leurs meurtriers, je crois. Je sais que des fantômes ont erré sur la terre. Sois toujours avec moi... prends n’importe quelle forme... rends-moi fou ! mais ne me laisse pas dans cet abîme où je ne puis te trouver. Oh ! Dieu ! c’est indicible ! je ne peux pas vivre sans ma vie ! je ne peux pas vivre sans mon âme ! ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1847)
“ Elle ne sera jamais ce qu’elle était auparavant, mais sa vie est sauve. Si réellement vous lui portez intérêt, vous éviterez de vous trouver encore sur son chemin ; bien mieux, vous quitterez définitivement le pays ; et, afin que vous n’en puissiez avoir aucun regret, je vous dirai que Catherine Linton est aussi différente maintenant de votre ancienne amie Catherine Earnshaw que cette jeune dame est différente de moi. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Mrs Earnshaw aimait la musique et ils nous en donnèrent en abondance. Catherine l’aimait aussi, mais elle prétendit qu’elle la goûterait mieux du haut de l’escalier et elle monta dans l’obscurité ; je la suivis. On ferma la porte de la salle du bas, sans que notre absence fût remarquée, tant il y avait de monde. Catherine ne s’arrêta pas sur le palier, mais continua de monter jusqu’à la mansarde où Heathcliff était enfermé, et elle l’appela. Pendant quelque temps, il s’entêta à ne pas répondre ; elle persévéra et finit par le persuader de communiquer avec elle à travers les planches. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Ils levèrent les veux en même temps et aperçurent Mr Heathcliff. Peut-être n’avez-vous jamais observé que leurs yeux sont exactement semblables : ce sont ceux de Catherine Earnshaw. La Catherine actuelle n’a pas d’autre ressemblance avec elle, si ce n’est la largeur du front et une certaine courbure des narines qui lui donne l’air plutôt hautain, qu’elle le veuille ou non. Chez Hareton, la ressemblance est plus forte ”
“ Et quand la jeune dame ne vous regardera pas, ne la dévisagez pas, pour vous cacher ensuite la figure dès qu'elle tournera les yeux sur vous. Quand vous parlerez, parlez lentement, et sortez vos mains de vos poches. Allez, et amusez-la de votre mieux.Le couple sorti, Heathcliff le considéra par la fenêtre. Earnshaw tenait constamment sa figure détournée et semblait considérer, avec la curiosité d'un étranger ou d'un artiste, le paysage environnant. Catherine le regardait à la dérobée, d'un regard qui n'exprimait pas une bien vive admiration. ”
Émile Montégut, Miss Brontë, sa Vie et ses Œuvres…
“ Wuthering Heights est l’histoire d’une passion irrésistible et perverse. Catherine Earnshaw, fille d’un riche propriétaire campagnard, s’est éprise d’amour pour Heathcliff, un petit gipsy que son père a trouvé errant dans les rues de Manchester, a recueilli par charité, et fait élever parmi ses enfans. Catherine est une fille volontaire, énergique, pleine d’instincts sauvages et poétiques, une fleur de bruyères armée de piquans. Il serait prudent de ne pas respirer de trop près les parfums de cette fleur ; ils sont dangereux. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1847)
“ Mr Earnshaw découpa de généreuses portions et sa femme égaya le repas par sa conversation animée. Je me tenais derrière sa chaise et je fus peinée de voir Catherine, les yeux secs et l’air indifférent, se mettre à couper l’aile d’oie qui était devant elle. « Quelle enfant insensible ! » me disais-je ; « comme elle se soucie peu des chagrins de son ancien compagnon de jeu ! Je ne l’aurais pas crue si égoïste ». Elle porta une bouchée à ses lèvres, puis la reposa sur son assiette ; ses joues s’enflammèrent et ses larmes commencèrent à couler. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Il reposa son couvert sur la table, regarda avec anxiété vers la fenêtre, se leva et sortit. Nous le vîmes marcher de long en large dans le jardin pendant que nous finissions notre repas, et Earnshaw dit qu’il allait lui demander pourquoi il ne dînait pas : il pensait que nous avions fait quelque chose qui le contrariait. – Eh bien ! vient-il ? cria Catherine quand son cousin rentra. – Non ; mais il n’est pas fâché ; il semblait même particulièrement satisfait. ”
Robert de Traz,
La famille Brontë
(1939)
“ Et l'amour qui dicte tant de crimes sera la plus exigeante passion, la plus effrénée, la plus dévastatrice. Une passion qui triomphera de la trahison et s'accomplira au delà du désespoir, au delà même de la tombe. Dès ses premières années, Heathcliff, l'enfant trouvé, s'attache de tout son être à Catherine Earnshaw dont il devient le compagnon de jeux et de vagabondage. C'est un petit paysan hirsute, mal lavé, aux manières brutales, à la parole effrontée. Le vieil Earnshaw étant décédé, son fils Hindley, qui avait quitté la maison, revient marié à Wuthering Heights. ”
“ Nous l’entourâmes, et par dessus la tête de miss Cathy, j’aperçus un enfant aux cheveux très noirs, sale et vêtu de haillons : assez gros pour être capable aussi bien de marcher que de parler. De visage, il avait l’air plus vieux que Catherine ; et pourtant quand on le mit sur ses pieds, il ne sut que regarder autour de lui, et répéta sans cesse un baragouin que personne ne pouvait comprendre. Je fus effrayée et Madame Earnshaw parut prête à jeter l’enfant à la porte. ”
“ Il a dit tout bas à sa mère : — Mais c’est miss Earnshaw ! et voyez comme Skulker l’a mordue ! — Miss Earnshaw ? Quelle folie ! s’est écriée la dame. Miss Earnshaw rôdant à travers le pays avec un gipsy ! Et pourtant, mon cher, l’enfant est en deuil, sûrement c’est elle ; et elle peut rester boiteuse pour toujours. — Quelle coupable insouciance de la part de son frère ! s’écria M. Linton, détournant ses regards de moi sur Catherine. J’ai d’ailleurs entendu de Shielders (c’était le nom du curé, monsieur) qu’il la laisse croître tout à fait comme une petite païenne. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Earnshaw était devenu cramoisi pendant que sa cousine révélait ainsi ses accaparements littéraires ; il balbutia un démenti indigné pour repousser ces accusations. – Mr Hareton est désireux d’accroître la somme de ses connaissances, dis-je en venant à son secours. Ce n’est pas de l’envie, mais de l’émulation que lui inspire votre savoir. Il sera très instruit dans quelques années. – Et en attendant il veut que je devienne une buse, répondit Catherine. Oui, je l’entends qui essaie d’épeler et de lire tout seul, et il fait de jolies bévues ! ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Par son adresse à sermonner et à tenir de pieux propos, il avait trouvé moyen de faire grande impression sur Mr Earnshaw ; et, plus le maître s’affaiblissait, plus l’influence de Joseph se développait. Il le tourmentait impitoyablement pour l’engager à s’occuper du salut de son âme et à élever ses enfants avec rigidité. Il l’encourageait à regarder Hindley comme un réprouvé, et tous les soirs il dévidait régulièrement un long chapelet d’histoires contre Heathcliff et Catherine ; il prenait toujours soin de flatter la faiblesse d’Earnshaw en chargeant surtout la dernière. ”
“ Heathcliff ne fut pas battu ; mais on lui déclara qu’au premier mot qu’il dirait à miss Catherine, on le mettrait dehors ; et Madame Earnshaw entreprit de forcer sa belle-sœur à la réserve qui convenait, sitôt qu’elle serait rentrée, se promettant d’y employer l’art et non la force, car par la force elle ne serait jamais arrivée à rien. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ « Catherine Linton », répondit la voix en tremblant (pourquoi pensais-je à Linton ? J’avais lu Earnshaw vingt fois pour Linton une fois) . « Me voilà revenue à la maison : je m’étais perdue dans la lande ! » La voix parlait encore, quand je distinguai vaguement une figure d’enfant qui regardait à travers la fenêtre. La terreur me rendit cruel. Voyant qu’il était inutile d’essayer de me dégager de son étreinte, j’attirai son poignet sur la vitre brisée et le frottai dessus jusqu’à ce que le sang coulât et inondât les draps du lit. La voix gémissait toujours : « Laissez-moi entrer ! » ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ L’ouvrage qu’ils examinaient était plein de très belles illustrations dont le charme, joint à celui de leur position, les tint immobiles jusqu’au retour de Joseph. Le pauvre homme fut complètement abasourdi à la vue de Catherine assise sur le même banc que Hareton Earnshaw, la main appuyée sur son épaule, et stupéfait de la manière dont son favori supportait ce voisinage ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Maintenant, va-t’en, toi, dit-il à Earnshaw. Maudite sorcière ! Cette fois-ci elle m’a provoqué à un moment où je ne pouvais le supporter ; elle s’en repentira jusqu’à la fin de ses jours. Il tenait ses cheveux dans sa main. Hareton essaya de les dégager, le suppliant de l’épargner pour cette fois. Les yeux noirs de Heathcliff étincelaient ; il semblait prêt à mettre Catherine en pièces, et j’allais me risquer à venir à son secours, quand tout à coup ses doigts se relâchèrent ; il abandonna sa tête pour la prendre par le bras, et la regarda fixement. ”
“ M. Heathcliff, qui devenait de plus en plus insociable, avait presque chassé Earnshaw de la grande chambre. Au commencement de mars, un accident força le jeune homme à rester à demeure dans la cuisine. Le canon de son fusil éclata, et le blessa assez gravement au bras. Catherine parut heureuse de l'avoir toujours dans la maison; en tout cas, elle jugea sa chambre du premier étage encore plus insupportable et s'ingénia pour trouver de la besogne à la cuisine. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Mr Hareton, je suis surprise que vous n’ayez pas été mieux avisé que d’avoir entrepris tout ce bel ouvrage sur sa simple demande. – J’avais oublié que les cassis étaient à Joseph, répondit Earnshaw assez penaud ; mais je lui dirai que c’est moi qui ai tout fait. Nous prenions toujours nos repas avec Mr Heathcliff. Je remplissais les fonctions de maîtresse de maison pour préparer le thé et pour découper. J’étais donc indispensable à table. Catherine était en général à côté de moi ; mais, ce jour-là, elle m’avait fui pour se rapprocher de Hareton. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Nelly Dean, dit-il, je ne puis m’empêcher de penser qu’il y a là une cause qui m’échappe. Que s’est-il passé à la Grange ? De singulières rumeurs ont couru par ici. Une fille forte et courageuse comme Catherine ne tombe pas malade à propos de rien ; non, cela n’arrive pas à des personnes comme elle. Il faut quelque chose de sérieux pour déterminer, dans ces organisations-là, des fièvres ou d’autres manifestations semblables. Comment cela a-t-il commencé ? – Le maître vous mettra au courant. Mais vous connaissez le tempérament violent des Earnshaw, et Mrs Linton le possède au plus haut point. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Elle me donna un baiser discret : j’étais couverte de farine, car j’étais après à faire un gâteau de Noël, et ce n’était pas le moment de me serrer dans ses bras ; puis elle chercha autour d’elle Heathcliff. Mr et Mrs Earnshaw attendaient avec anxiété leur rencontre, qui, pensaient-ils, leur permettrait d’apprécier dans une certaine mesure si leur espoir d’arriver à séparer les deux amis était fondé. On eut d’abord du mal à découvrir Heathcliff. S’il était insouciant, et si l’on se souciait peu de lui, avant l’absence de Catherine, c’était devenu dix fois pis maintenant. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Allez avec Mrs Dean et restez avec elle ; gardez pour elle vos insolences. Quant à Hareton Earnshaw, si je le vois vous écouter, je l’enverrai chercher son pain là où il pourra le trouver. Votre amour fera de lui un proscrit et un mendiant. Nelly, emmenez-la ; et laissez-moi tous. Laissez-moi ! Je fis sortir ma jeune dame : elle était trop heureuse de s’en être tirée à si bon compte pour résister. L’autre suivit, et Mr Heathcliff resta seul dans la salle jusqu’au dîner. J’avais conseillé à Catherine de dîner en haut ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Son envie de vous déchirer avec ses dents était telle que l’eau lui en venait à la bouche. Car il n’est homme qu’à demi... même pas, et le reste est démon. Mr Earnshaw a levé les yeux, comme moi, vers le visage de notre ennemi commun. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1847)
“ Cathy menaça de faire payer la bibliothèque de Joseph pour la sienne. Puis, passant devant Hareton avec un sourire, elle monta l’escalier en chantant : le cœur plus léger, j’ose le dire, qu’elle ne l’avait encore jamais eu sous ce toit, sauf peut-être durant ses premières visites à Linton.L’intimité ainsi commencée se développa rapidement, malgré les interruptions momentanées qu’elle subit. Un simple désir ne pouvait suffire à civiliser Earnshaw, et ma jeune dame n’était ni un philosophe, ni un parangon de patience. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ C’est une beauté, sans doute, mais ce n’est pas un ange. » Earnshaw lui dit d’un ton bourru d’emporter ses ustensiles dans la cuisine. « Emportez-les vous-même », répliqua-t-elle en les repoussant dès qu’elle eut fini. Puis elle se retira sur un tabouret près de la fenêtre et se mit à découper des formes d’oiseaux et d’animaux dans les épluchures de raves. Je m’approchai d’elle, sous prétexte de regarder le jardin, et je m’imaginai être très adroit en laissant tomber sur ses genoux le billet de Mrs Dean, sans être vu de Hareton. Mais elle demanda tout haut : « Qu’est-ce que cela ? » ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ Earnshaw obéit avant que son hôte eût atteint le devant de la maison. Puis il avança sa chaise de l’autre côté de ma table et se pencha, cherchant dans mes yeux de la sympathie pour la haine brûlante qui jaillissait des siens. Comme il avait l’aspect et les sentiments d’un assassin, ce n’est pas exactement ce qu’il y trouva ; mais ce qu’il y découvrit suffit pour l’encourager à parler. – Vous et moi, dit-il, avons l’un et l’autre un grand compte à régler avec cet homme ! Si nous n’étions lâches ni l’un ni l’autre, nous pourrions nous unir pour en finir. ”
“ Comme la fille l’avait prédit, le petit Hareton tomba complètement entre mes mains. M. Earnshaw, en ce qui touchait son enfant était content pourvu qu’il le vit en bonne santé et ne l’entendit pas pleurer ; mais lui-même devenait désespéré, et son chagrin était de cette sorte qui n’admet pas les lamentations. Il ne pleurait ni ne priait, mais ne faisait que maudire et défier, exécrant Dieu et les hommes, et s’adonnant à une affreuse dissipation. Les domestiques ne pouvaient supporter longtemps sa conduite tyrannique et méchante : Joseph et moi étions les deux seuls qui consentions à rester. ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1847)
“ La nécessité m’a forcée de chercher un abri ici ; encore, si je n’eusse été certaine de ne pas le rencontrer, me fussé-je arrêtée à la cuisine. Je m’y serais lavé la figure, m’y serais chauffée, vous aurais fait dire de m’apporter ce qu’il me fallait, et je serais repartie pour aller n’importe où, hors d’atteinte de mon maudit... de ce démon incarné ! Ah ! il était dans une telle fureur ! S’il m’avait attrapée ! C’est bien dommage qu’Earnshaw ne soit pas son égal en force. Je ne me serais pas sauvée avant de l’avoir vu à peu près assommé, si Hindley eût été de taille à me donner ce spectacle ! ”
Emily Brontë,
Les Hauts de Hurlevent
(1925)
“ C’est par une belle matinée de juin que naquit le premier joli poupon que j’eus à élever... le dernier de l’antique famille Earnshaw. Nous étions occupés à faire les foins dans un pré éloigné, quand la servante qui nous apportait ordinairement notre déjeuner arriva en courant, une heure d’avance, à travers la prairie, monta par le sentier ; tout en courant elle m’appelait : – Oh ! un si gros bébé, cria-t-elle tout essoufflée. Le plus beau garçon qui ait jamais vu le jour ! Mais le docteur dit que la maîtresse est perdue ”
