Robert de Traz,
La famille Brontë
(1939)
“ « Je suis toute grise, vieille, usée, coulée à fond, dit Charlotte. J'aurai trente et un ans à mon prochain anniversaire; ma jeunesse a disparu comme un rêve, et je n'en ai rien fait. » Mais cette détresse n'épuise pas la réalité des Brontë. Elle n'est que l'envers, non l'endroit de leur existence. Les déboires ne les aigrissent pas, ni ne les endurcissent. Elles demeurent sensibles, généreuses, tendrement unies. Cette étonnante vitalité, c'est peut-être le miracle de leur génie. Si elles n'abdiquent pas, c'est qu'elles ne peuvent mourir avant de s'être exprimées. ”
