Résumé

É. MONTÉGUT Miss Brontë, sa Vie et ses Œuvres…

Elles n’ont pas permis aux vices d’avoir seuls le privilège de la puissance et de la séduction, d’être seuls poétiques, dramatiques, romanesques, que sais-je ? Dans l’âme anglaise telle que l’ont faite la race, l’éducation et surtout la religion, la candeur n’exclut pas l’énergie, et l’innocence n’exclut pas la passion. Les vertus anglaises nous semblent posséder un charme souverain, et ce charme tient à une seule cause : elles n’ont peur de rien. Elles savent, comme le Satan de Milton, que le véritable enfer est dans l’âme, et qu’elles n’ont à redouter aucun enfer extérieur.
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É. MONTÉGUT Miss Brontë, sa Vie et ses Œuvres…

La joie en est absente, et l’on n’y découvre aucun rayon qui fasse songer même à la possibilité du bonheur. Dès cette époque, l’abattement était l’état d’âme habituel de miss Brontë. Jamais, dit Mme Gaskell, elle ne connut l’espérance et ne compta sur l’avenir. La solitude, la tristesse, avaient pesé d’un poids trop lourd sur elle, et jamais elle n’essaya de soulever ce poids. Elle était taciturne, sans être cependant très rêveuse ; elle aimait la solitude par habitude et par choix plutôt que par goût et par nature.
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É. MONTÉGUT Miss Brontë, sa Vie et ses Œuvres…

Oui, quelque chose du grand esprit moral qui fut l’âme de miss Brontë et qui a inspiré sa vie revient de droit à l’Angleterre. Chez les nations du continent, les hautes qualités morales et les grandes vertus sont plus facilement séparables des mœurs générales, et même se présentent en face d’elles comme un contraste, un exemple ou une réprimande. En Angleterre, il n’en est pas ainsi ; il a fallu toute une civilisation particulière pour former des caractères tels que ceux que nous allons montrer, et on sent en eux, pour ainsi dire, l’abrégé de toute une nation.
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