É. MONTÉGUT

Élements biographiques

É. MONTÉGUT Revue des Deux Mondes

Si l’on y cherche les sentimens sympathiques à la nature humaine et tout ce qui a le privilège de l’attacher, on ne l’y trouvera pas. Le côté terrible de la révolution y apparaît à peine ; jamais dans les articles et dans les récits de Mallet on ne sent l’impression nerveuse que les événemens font sur certains esprits doués de la faculté d’être émus, remués ou secoués par les faits, et d’en retrouver dans leur esprit comme dans une chambre noire les couleurs, la mobilité, les grimaces. Jamais on n’entend gronder l’émeute, jamais on n’aperçoit le mouvement des batailles et des insurrections.
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É. MONTÉGUT Miss Brontë, sa Vie et ses Œuvres…

Elles n’ont pas permis aux vices d’avoir seuls le privilège de la puissance et de la séduction, d’être seuls poétiques, dramatiques, romanesques, que sais-je ? Dans l’âme anglaise telle que l’ont faite la race, l’éducation et surtout la religion, la candeur n’exclut pas l’énergie, et l’innocence n’exclut pas la passion. Les vertus anglaises nous semblent posséder un charme souverain, et ce charme tient à une seule cause : elles n’ont peur de rien. Elles savent, comme le Satan de Milton, que le véritable enfer est dans l’âme, et qu’elles n’ont à redouter aucun enfer extérieur.
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É. MONTÉGUT Miss Brontë, sa Vie et ses Œuvres…

La joie en est absente, et l’on n’y découvre aucun rayon qui fasse songer même à la possibilité du bonheur. Dès cette époque, l’abattement était l’état d’âme habituel de miss Brontë. Jamais, dit Mme Gaskell, elle ne connut l’espérance et ne compta sur l’avenir. La solitude, la tristesse, avaient pesé d’un poids trop lourd sur elle, et jamais elle n’essaya de soulever ce poids. Elle était taciturne, sans être cependant très rêveuse ; elle aimait la solitude par habitude et par choix plutôt que par goût et par nature.
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