É. MONTÉGUT

Résumé

É. MONTÉGUT Revue des Deux Mondes

Si l’on y cherche les sentimens sympathiques à la nature humaine et tout ce qui a le privilège de l’attacher, on ne l’y trouvera pas. Le côté terrible de la révolution y apparaît à peine ; jamais dans les articles et dans les récits de Mallet on ne sent l’impression nerveuse que les événemens font sur certains esprits doués de la faculté d’être émus, remués ou secoués par les faits, et d’en retrouver dans leur esprit comme dans une chambre noire les couleurs, la mobilité, les grimaces. Jamais on n’entend gronder l’émeute, jamais on n’aperçoit le mouvement des batailles et des insurrections.
Source : Wikisource

É. MONTÉGUT Revue des Deux Mondes

Que n’a-t-on pas dit sur la fatalité de la révolution ! Que de regrets, que de larmes versées sur ces hommes que les événemens dominent, et qui sont comme livrés pieds et poings liés aux faits ! Oh ! oui, la fatalité était inévitable avec une conduite aussi louche, aussi tortueuse, et en vérité elle reparaîtra, n’ayez peur, cette fatalité, toutes les fois que l’intrigue remplacera la sincérité. Si nous connaissions mieux l’essence et les effets de la liberté humaine, peut-être cesserions-nous de crier contre la fatalité de la révolution
Source : Wikisource

É. MONTÉGUT Revue des Deux Mondes

Au milieu du débordement de l’écrivaillerie, comme disait Montaigne, Mallet tranche par ses mœurs et sa vie autant que par son talent sur les journalistes de l’époque. Il n’a jamais mené l’existence douteuse et souterraine de la plupart d’entre eux ; jamais n’ont pesé sur lui les soupçons qui pèsent sur eux tous, sur Linguet, sur Morande, sur Brissot, sur Beaumarchais et sur le plus grand de tous, hélas ! sur Mirabeau lui-même. Sa vie a toujours été modeste, et peut être fouillée en tous sens : elle a été discrète et ouverte à la fois.
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature