Résumé

Portrait de Gaston Boissier Gaston Boissier Un Grand Homme de province - Le président De Brosses

Ce n’est pas elle qui a créé la centralisation politique, quoiqu’on l’en accuse ; elle n’a fait qu’achever l’œuvre de Richelieu et de Louis XIV. Ce n’est pas elle non plus qui est coupable de cette centralisation littéraire qu’on croit funeste à l’originalité de l’esprit. Quand éclata la révolution, il y avait longtemps que la province n’avait plus de littérature. S’il se produisait chez elle quelque écrivain de talent, il s’empressait de la quitter pour aller briller sur un plus grand théâtre.
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Une grande ville, quel qu’en soit l’esprit, laisse toujours à un écrivain une certaine liberté par sa grandeur même. Les influences y sont moins gênantes, les préjugés moins étroits ; il y échappe plus facilement à une surveillance qui ailleurs peut l’embarrasser. S’il se met en révolte contre l’opinion commune, il a plus de chance, dans cette variété infinie d’intelligences, d’en trouver quelqu’une qui le suive et l’encourage. Au contraire il est rare qu’une petite ville ne soit pas mortelle à l’indépendance de l’esprit.
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Comment se fait-il que, malgré ses velléités d’indépendance, il ait laissé sur lui tant de prise aux opinions de son temps, qu’il soit devenu incapable d’entrevoir et d’annoncer le grand avenir réservé à la science ?
Le séjour de la province, on le voit, ne lui a guère profité. Il n’a pas suffi à le défendre de cette servitude des préjugés populaires à laquelle il est si difficile d’échapper. De Brosses gronde quelquefois son siècle, mais en somme il le subit ; il en accepte même les sentimens qui lui sont au fond le plus contraires.
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