Eugène Poitou

Résumé

Eugène Poitou Revue des Deux Mondes

Depuis lors, à l’armée, à Versailles, en quelque lieu qu’il se fût trouvé, il avait assidûment poursuivi son œuvre silencieuse, attentif à couvrir du plus profond mystère ce journal, dangereux confident de toutes ses pensées, et fidèle à son secret à ce point que toute sa vie il sut échapper même au soupçon.
Chez la plupart des hommes, l’observation n’est que le fruit tardif de l’expérience ou le produit laborieux de la méditation. Chez Saint-Simon, c’est comme l’allure naturelle et le mouvement spontané de l’esprit. Ce n’est pas de l’art, c’est l’instinct du génie.
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Eugène Poitou Revue des Deux Mondes

Instruit, sinon devenu sage, par d’amères expériences, enclin par goût aux études historiques, disposé, autant par liberté d’esprit que par équité, à mettre la vérité au-dessus de tous les systèmes et de tous les préjugés, notre âge était, plus que tout autre sans doute, digne de cette fortune : plus que tout autre, il était capable de comprendre le prix de cette œuvre sans égale, et du jour qu’elle lui est apparue dans sa vaste et imposante unité, il a salué en elle un des plus grands monumens que le génie de l’histoire et de l’éloquence ait légués à notre admiration.
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Eugène Poitou Revue des Deux Mondes

Sous la légèreté apparente de ses récits, dans la fertilité même des détails qu’elle relève, la nature humaine se montre à découvert : les mœurs revivent, les caractères s’accusent, les passions se trahissent, et dans ces mobiles secrets se révèlent souvent les causes profondes d’événemens qui ont ébranlé le monde. Ce n’est pas l’humanité qu’elle nous raconte, mais c’est l’homme même qu’elle nous fait mieux connaître, l’homme cachant sous le costume d’un pays et d’un temps ce qu’il a d’uniforme et d’immuable, comme ce qu’il a de divers et d’ondoyant.
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