Gaston Boissier,
Saint-Simon
(1892)
“ Voilà le beau côté des Mémoires de Dangeau, mais ne leur demandez pas autre chose. C'est une gazette, où les faits sont rapportés sèchement, sans aucune appréciation personnelle, sans un mot sur leurs causes et leurs conséquences. On est d'abord tenté de plaindre Dangeau de la contrainte qu'il a dû s'imposer pour ne jamais dire ce qu'il pense; mais on s'aperçoit bientôt qu'il ne pensait rien : ce qui lui rendait le silence facile. Son procédé est très simple : lorsqu'il s'agit du Roi, de Mme de Maintenon et des ministres, il les loue toujours; quant aux autres, il ne les blâme jamais. ”
