Agnès de Navarre-Champagne

Élements biographiques

Agnès de Navarre-Champagne Poésies

Quand la pensée se torture pour s’encadrer dans des mots obligés, pour s’habiller de certaines lettres, elle n’a plus la libre allure de l’inspiration, plus de grâce naturelle, plus de douce naïveté ; ces pièces de vers n’avaient que le charme du mystère. Guillaume de Machault excellait dans ce genre de travail ; ses œuvres en contiennent de nombreux modèles. Agnès, sans doute pour lui plaire, affronta ce genre disgracieux de poésie ; elle fit pour lui ce que les trouvères faisaient pour leurs dames, et peut-être est-il le seul homme de son temps qui ait reçu pareil honneur.
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Agnès de Navarre-Champagne Poésies

« J’ai pris et vue le lai, que estoit enclos en vostre douce lettre et vous promet que je le sorai au plus tôst que je porrai et ne chanterai autre chose jusques à tant que je sache le dit et le chant. » Comme on le voit, elle était artiste et artiste intelligente et passionnée. Mais il en est du chant, si pur, si mélodieux qu’il soit, comme de l’hymne du rossignol au printemps, comme du parfum du lis sans tache, tout monte au ciel, rien n’en reste sur la terre : heureusement, de la littérature il n’en est pas de même.
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Agnès de Navarre-Champagne Poésies

Pendant que Blois et Tours avaient vu grandir leur destinée, qu’était devenue la Champagne ? Avec ses comtes, c’est-à-dire avec le XIIIe siècle, s’était éteint chez elle le mouvement littéraire. Pendant le XIVe siècle, la monarchie malheureuse ne sait où placer son trône ; plus tard, elle s’asseoit aux bords de la Loire, et les lettres la suivent. La Champagne n’a plus de capitale princière, et, si Dieu lui permet de donner encore au pays des hommes de cœur et d’esprit, ils ne brillent plus dans son sein et vont comme tous chercher le souffle central, qui bientôt sera dans Paris.
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