A. Jeanroy 

Élements biographiques

A. Jeanroy  Revue des Deux Mondes

« Amour, dit-il, n’est pas un péché, mais une vertu, qui fait les méchans, bons, et rend les bons meilleurs. Car l’amour réclame un cœur pur ; on n’est digne d’amour que si l’on sait se garder des fautes, si l’on n’est pas également indifférent au bien et au mal, et l’amour va à la vertu... » Il va à la vertu et a pour mission de la protéger. Montanhagol se propose avant tout de veiller sur l’honneur de celle qu’il aime. Qui agit autrement, et, par ses désirs passionnés, met en péril la bonne réputation de sa dame, est indigne du nom d’amant.
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A. Jeanroy  Revue des Deux Mondes

Il est rare que les formes poétiques ne survivent pas aux circonstances qui les avaient fait naître et qui justifiaient seules leur existence : la poésie courtoise agonisante subit une dernière transformation, que l’histoire littéraire enregistre presque à regret : ces genres tombés en déshérence, la chanson d’amour, le sirventés, la tenson, fidèles et brillantes images de la vie chevaleresque, des gens de loi, des procureurs, des clercs, de simples artisans essayèrent, çà et là, de s’en approprier les secrets et d’en prolonger l’existence.
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A. Jeanroy  Revue des Deux Mondes

Chez Guilhem Figueira, nous ne trouverons point la même variété dans l’invective : son célèbre sirventés contre Rome [27] est une immense litanie, — c’est la plus longue pièce lyrique que les troubadours nous aient laissée, — dont chaque strophe, commençant par le nom de la ville abhorrée, n’est qu’un cri de haine et de fureur : « Rome, cime et racine de tout mal, tête et abri de toute perfidie et de toute honte, a dans le cœur une intarissable source de venin qui lui monte aux lèvres et empoisonne l’univers entier. »
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