Joseph Lafon-Labatut

Élements biographiques

Joseph Lafon-Labatut,  La femme du diable

“ On me contait la destinée du poète, mon parent, mon cousin à un degré éloigné; je n'en sais pas de plus douloureuse et de plus noblement supportée.
Cent fois plus malheureux que Chatterton ou Escousse, Lafon-Labatut, aveugle, condamné à l'éternelle nuit, eût pu désespérer et mourir. Il n'avait pas assez de maladif orgueil pour finir par le suicide. Non, il peupla de visions ses ténèbres; il calma ses fièvres par des chants, et on put dire de lui comme de Démodocus: «La Muse qui l'aima lui dispensa le bien et le mal; elle le priva des yeux, mais elle lui donna une voix mélodieuse.»
”
Source : Gutenberg

Joseph Lafon-Labatut,  La femme du diable

“ Et n'est-ce pas là une des causes qui ont fait dire à notre éminent critique Sainte-Beuve: «Il se trouve dans les trois quarts des hommes comme un poète qui meurt jeune, tandis que l'homme survit.» Souvent donc sacrifier le poète sera une nécessité pour sauver l'homme. Mais pareil sacrifice pourra-t-il toujours aisément s'accomplir? Contrairement à la lampe qui, privée subitement de l'huile qui lui donnait la clarté et la vie, pâlit et s'éteint, l'homme vraiment poète survivra-t-il à la privation de cette force chaleureuse, la poésie, qui était sa vie à lui? ”
Source : Gutenberg

Joseph Lafon-Labatut,  La femme du diable

“ Tout ici est d'un fini parfait, et, sauf quelques rares inégalités, tout y porte les traces du génie poétique. C'est surtout dans l'élégie que se révèle son talent; c'est là que brillent, avec le plus d'éclat, cette grâce et ce naturel qui gardent les œuvres de vieillir.
On a reproché à Lafon-Labatut un peu d'uniformité, résultat inévitable de ses chants composés sous une impression personnelle, celle de son malheur. Il a tenu compte de la critique; oubliant ses souffrances, il a produit de nombreuses pièces où il s'est, pour ainsi dire, isolé de lui-même.
”
Source : Gutenberg

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