É. Senart

Élements biographiques

É. Senart Revue des Deux Mondes

Bien que, en plusieurs cas, le culte d’un ancêtre commun ou d’un patron attitré rappelle dans l’Inde le culte gréco-romain des héros éponymes, on ne peut dire que ce soit dans la caste un trait saillant. L’individualisme religieux a fait ici, grâce à l’allure plus libre de la spéculation, des progrès qui ailleurs ont été entravés par l’avènement d’une constitution politique décidément opposée à toute innovation cultuelle. La religion a pu, dans l’Inde, se localiser, se fractionner à l’infini et, à l’occasion, se mobiliser avec une liberté inconnue dans les milieux classiques.
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É. Senart Revue des Deux Mondes

Si le public indien a eu le théâtre qu’il lui fallait, les poètes ont eu le public qu’ils méritaient. Faut-il vraiment faire un titre au drame hindou de manquer et d’invention et d’action et d’intérêt moral ? Même sur cette perfection théorique du héros, il serait bon de s’entendre : elle est toute d’extérieur et de décor, puisque la lutte morale n’existe pas ; perfection formaliste de la grâce et des manières, des procédés et de la galanterie ; perfection qui ne se manifeste par aucune action, qui du moins ne s’éprouve en aucun combat.
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É. Senart Revue des Deux Mondes

Que, d’une façon générale, le contact de la Grèce, quoique peu profond, ait produit sur l’hindouisme somnolent et rêveur un fécond ébranlement, c’est ce que la date même où, pour la première fois, nous apparaissent ensemble l’usage public de l’écriture, les plus anciens monumens durables, l’enfantement d’une littérature profane, ne permet guère de révoquer en doute. Très capables d’être frappés par des exemples nouveaux, les Hindous sont malhabiles à en saisir, à en reproduire le sens original. C’est par les dehors seulement qu’ils se prennent.
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