Résumé

Alexandre Achille Duval Barreau de Paris. Jean Bodin. Discours prononcé le 21 novembre 1867… (1867)

MESSIEURS ET CHERS CONFRÈRES,
Si le progrès est la loi nécessaire de l'humanité, la souffrance est la condition du progrès. Il n'est pas une seule vérité dont nous soyons aujourd'hui en possession, qui n'ait coûté à son auteur des larmes ou du sang. Depuis ce philosophe de l'antiquité qui paie de sa vie la pureté de ses doctrines, jusqu'à ce héros du nouveau Monde, qui, de nos jours, expie sur le gibet des malfaiteurs son amour de la justice et de l'humanité, tous les grands novateurs ont été des martyrs.
Source : Gallica

Alexandre Achille Duval Barreau de Paris. Jean Bodin. Discours prononcé le 21 novembre 1867… (1867)

Ne croyez pas, Messieurs, que dans cette lutte opiniàtre Bodin n'eût en vue que la défense des intérêts qui lui étaient confiés. Il obéissait à une conviction intime et profonde. Il savait que l'inaliénabilité du domaine était la plus sûre garantie des peuples contre l'abus des taxes vexatoires ; que si la royauté imprévoyante et besogneuse, toujours prête à sacrifier l'avenir au présent, avait fait de tout temps bon marché de ce principe protecteur, ce qu'elle avait distrait du domaine retombait tôt ou tard sous forme d'impôt à la charge des contribuables.
Source : Gallica

Alexandre Achille Duval Barreau de Paris. Jean Bodin. Discours prononcé le 21 novembre 1867… (1867)

Bodin mourut pauvre; et comme il le dit dans son testament, le plus pauvre des procureurs du roi de France, après avoir tenu dans sa main la clef de la fortune. Sans doute, Messieurs, ces grands actes de désintéressement, proclamons-le à l'honneur de l'humanité, ne sont pas aussi rares que voudraient le faire croire certains esprits moroses, et notre ordre en offre à toute époque de glorieux exemples; mais nous devons au moins un légitime hommage à tous ceux qui ont su, d'âge en âge, en perpétuer parmi nous la sainte tradition.
Source : Gallica

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