Résumé

Portrait de Anacréon Anacréon Odes d'Anacréon

Il n'y paraît plus, et la prose de nos traducteurs n'est qu'un Hébrus glacé qui roule les membres épars des Orphées déchirés.
Ainsi M. Patin, le Perrot d'Ablancourt de ce siècle, s'est évertué sur Horace: sa traduction n'est qu'une belle infidélité de plus, si jamais une infidélité put être belle.
Eh bien! nous proscrivons impitoyablement ce système. Nous lui opposons hardiment notre méthode: rendre un vers par une ligne, aussi concise, aussi serrée que lui, fidèle comme un miroir, exacte comme un décalque.
Source : Gutenberg

Portrait de Anacréon Anacréon Odes d'Anacréon

C'est que les traducteurs n'ont pas voulu s'obliger, comme nous, à rendre un vers par [Pg 2] une ligne. Ils n'ont pas craint de noyer dans un flot de prose continue et monotone les vers les plus opposés par le sens, les plus nettement distingués par l'intention du poète. Dès lors, que deviennent, dans ce furieux débordement de prose, les repos, les suspensions? Que deviennent les enjambements si familiers aux Grecs, et que les Romantiques n'ont pas inventés; tout ce qui donne enfin au vers son coloris, son mouvement et comme une vie personnelle?
Source : Gutenberg

Portrait de Anacréon Anacréon Odes d'Anacréon

Nous n'avons pas voulu traduire en vers; [Pg 5] mais ce n'est pas notre faute, si la ligne de prose Française, strictement nécessaire à rendre le minuscule vers Grec, nous a donné souvent un vers Français de six ou sept pieds.
D'ailleurs notre prose est rythmée; elle a sa cadence intime comme les vers, et cela devait être. Car l'ode d'Anacréon est une chanson de Béranger, au rythme agile, qui court et danse, comme les jeunes filles du festin Grec, «sur des pieds rapides et délicats.»
Source : Gutenberg

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