Adrien Souberbielle

Résumé

Adrien Souberbielle Comment on traduit Tolstoï

Sans doute, la calme beauté de la nuit le dispose à jeter ce cri de joie intime. Mais c’est comme à son insu que l’harmonie des choses parle à son âme préparée à l’entendre. Elle ne détourne pas son attention des pensées qui s’apaisent au profond de lui-même. Cela est admirablement marqué dans Tolstoï par l’absence même de tout commentaire. Cette simplicité égare le traducteur. Voici ce qu’il écrit : « Comme il fait beau, mon Dieu ! comme il fait beau, disait Nekhloudov. Mais c’était dans son âme surtout qu’il faisait beau. »
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Adrien Souberbielle Comment on traduit Tolstoï

En certains endroits par la faute du traducteur la vie semble se retirer de l’œuvre. Tolstoï n’introduit jamais un personnage sans qu’il soit dès l’abord dessiné en quelques larges traits, campé dans son attitude coutumière et nettement diversifié de tous les autres hommes. La moindre des figures secondaires, qu’un écrivain d’une imagination créatrice moins puissante n’eût jamais su tirer de l’ombre, se précise et s’anime, avec toutes les apparences de la vie, dans les romans de Tolstoï.
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Adrien Souberbielle Comment on traduit Tolstoï

M. de Wyzewa n’aime pas, en effet, que Tolstoï donne de l’Évangile une interprétation qui n’est pas la sienne. Nekhloudov a beau ne pas croire au dogme de la Rédemption et penser qu’il est sacrilège de prêter serment sur l’image de Jésus, de Jésus qui a dit aux hommes de ne pas jurer le nom de son Père ; M. de Wyzewa nous fait grâce de ces billevesées. Que Tolstoï ne se plaigne pas : on n’a voulu que rendre à son héros la sympathie des honnêtes gens.
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