Résumé

Cyrille Petit Les Derniers jours de ma mère, dédié à sa famille et à ses amis… (1862)

« Ne vous préoccupez pas, lui dit-elle ; ne me faites plus mystère de rien ; je suis maintenant indifférente à tout ; que la seule volonté du bon Dieu s'exécute, que la sainte volonté de Dieu se fasse, je ne m'inquiète de rien. »
Lui arrivait-il, au commencement de cette dernière maladie, de laisser échapper une plainte légère, telle que : « Mon Dieu que je souffre ! » ou de verser quelques larmes arrachées par la douleur, je l'entendais s'écrier aussitôt : « Mon Dieu, je vous demande pardon ! devrais - je me plaindre d'être aimée de vous, et je sais que vous ne châtiez que par amour ! »
Source : Gallica

Cyrille Petit Les Derniers jours de ma mère, dédié à sa famille et à ses amis… (1862)

Souvent au contraire elle répétait : « Mon Dieu, que vous êtes bon ! je vous bénis de toutes choses ! je vous aime de tout mon coeur ! » Elle me redisait encore ce qu'elle m'avait dit déjà : « Je dis au bon Dieu : Seigneur, si je suis un fruit mûr pour le ciel , je vous en prie, prenez-moi bientôt ; mais si je suis encore trop verte, laissez-moi mûrir autant qu'il le faudra ! » Et, convaincue que la main de Dieu devait la
cueillir en son temps, elle attendait, dans l'attitude de la plus parfaite résignation, l'heure de sa maturité.
Source : Gallica

Cyrille Petit Les Derniers jours de ma mère, dédié à sa famille et à ses amis… (1862)

Cependant, la foi bientôt l'emportait sur la nature ; je sentais que ce corps sans vie devait être moins l'objet de ma tendresse que l'âme immortelle. Je tombai à genoux, et d'une voix haute, mais pleine de larmes, je récitai en français la prière pour l'âme qui vient d'abandonner son corps.
Mais quoi! j'entends un nouveau soupir s'échapper des lèvres de ma Mère ! « Mon Dieu, m'écriai-je, elle vit encore ! » Chacun se relève et fixe ma chère Mère, avide de recueillir ses derniers signes de vie.
Source : Gallica

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