Eugène Mordret

Résumé

Eugène Mordret L'An mil, par M. Eugène Mordret (1854)

Libre, mon Dieu ! moi libre !. Ah ! plutôt, noble comte, Redoublez, s'il se peut, mon servage et ma honte; Rivez-moi pour jamais au joug de la douleur, Mais faites que je vive, ô mon noble seigneur !
Je n'ai jamais connu que souffrance et misère : Je fus vendu tout jeune au comte votre père, Et depuis ce temps-là, sur la glèbe d'Anjou J'ai langui, pauvre serf, le collier sur le cou; Je vivais sous vos pieds comme un chien à la chaîne; Je me cassais les reins à labourer la plaine,
Et, voyez-vous, Messire, à la chaleur du jour, Le sillon était dur et le soc était lourd
Source : Gallica

Eugène Mordret L'An mil, par M. Eugène Mordret (1854)

Au grand jamais dans le village Je n'ai connu d'enfant si sage, Ni d'aussi beau!
Comme sa mine est éveillée !
Il grandit comme la feuillée Au renouveau; L'autre matin, sans qu'on le porte, Il est allé de notre porte A son berceau.
Avec l'épargne de son père Il aurait eu son coin de terre Et sa maison; J'aurais filé dimanche et fête, Tant qu'il eût pu dresser la tête Comme un baron.
Il eût été rude à l'ouvrage ; Notre seigneur de son servage L'a délié : — Jésus! mourir en ce doux âge, Oh ! n'est-ce pas trop grand dommage, Et grand'pitié !
Source : Gallica

Eugène Mordret L'An mil, par M. Eugène Mordret (1854)

Je trouve à mon retour Bertha dans sa chaumière Qui m'attend près de l'àtre. en faisant sa prière, Et je vais, à pas lents, dans son mince trésor Glisser secrètement quelques beaux écus d'or; Et tous deux au bon Dieu nous disons : Notre Père, Pourquoi briser le monde et détruire la terre, Quand toujours et partout vous pouvez, Monseigneur, Au cœur de vos enfants mettre tant de bonheur!
LES MOINES; repassant.
Un ange vêtu de clarté Leur dit : Il est ressuscite !
Le Seigneur est sur terre ! —
Lors vint Jésus, courtois et doux, Disant : — La paix soit avec vous, Les bénis de mon père !
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature