Guy de Maupassant

Guy de Maupassant

Le vagabond (1902)

Résumé

Portrait de Guy de Maupassant Guy de Maupassant Le vagabond (1902)

Sachez que je suis le maire, et,
si vous ne filez pas bien vite, je vais vous faire ramasser. »
Randel, que la colère gagnait, murmura : « Faites-moi ramasser si vous voulez, j'aime mieux cela, je ne mourrai pas de faim, au moins. »
Et il retourna s'asseoir sur son fossé.
Au bout d'un quart d'heure, en effet, deux gendarmes apparurent sur la route. Ils marchaient lentement, côte à côte, bien en vue, brillants au soleil avec leurs chapeaux cirés, leurs buffleteries jaunes et leurs boutons de métal, comme pour
effrayer les malfaiteurs et les mettre en fuite de loin, de très loin.
Source : Gallica

Portrait de Guy de Maupassant Guy de Maupassant Le vagabond (1902)

« J'ai pas le droit de vivre,
maintenant... puisqu'on me laisse crever de faim... je ne demande qu'à travailler, pourtant... tas de cochons ! » Et la souffrance de ses membres, la souffrance de son ventre, la souffrance de son coeur lui montaient à la tête comme une ivresse redoutable, et faisaient naître, en son cerveau, cette idée simple : « J'ai le droit de vivre, puisque je respire, puisque l'air est à tout le monde. Alors, donc, on n'a pas le droit de me laisser sans pain ! »
Source : Gallica

Portrait de Guy de Maupassant Guy de Maupassant Le vagabond (1902)

Le soir tombait, Jacques Randel harassé, les jambes brisées, le ventre vide, l'âme en détresse, marchait nu-pieds sur l'herbe au bord du chemin, car il ménageait sa dernière paire de souliers, l'autre n'existant plus depuis longtemps déjà. C'était un samedi, vers la fin de l'automne. Les nuages gris roulaient dans le ciel, lourds et rapides, sous les poussées du vent qui sifflait dans les arbres. On sentait qu'il pleuvrait bientôt. La campagne était déserte, à cette tombée de jour, la
veille d'un dimanche.
Source : Gallica

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