Jean Bertaut,
Premier recueil de diverses poésies
“ Qu'elle sente comme moy Un bien qu'on desire tant, Il ennuye à qui l'attend. ELEGIE. Vous languissez, mes vers, les glaçons de l'absence Esteignent vos fureurs au poinct de leur naissance, Vous n'entrebatez plus de souspirs vostre flanc, Vos arteres d'esprits, ni vos veines de sang : En quoy, la mort vous tient ? & ce front teint en cendre Vous marque les tombeaux où vous allez descendre ? Si vous pouviez encor revoir dedans les cieux Ce feu, qui s'est caché des pointes de vos yeux Vous vivriez dites-vous, mais la clarté ravie Ravit en mesme temps l'esclair de votre vie. ”
