Marcel Braunschvig

Résumé

Marcel Braunschvig L'antisémitisme (1902)

Au surplus, entre l'esprit français et l'esprit juif, faits tous deux de clarté et d'ironie, comme entre l'âme française et l'âme juive, toutes deux éprises de justice, il semble y avoir une secrète et profonde affinité. L'amour des juifs pour la France a donc en leur cœur de nombreuses et puissantes racines ; il ne s'alimente pas seulement aux sources vives de la reconnaissance; il puise encore sa force dans de vagues souvenirs héréditaires et dans de mystérieuses sympathies. Etant à la fois très instinctif et très réfléchi, leur patriotisme n'en est que plus robuste.
Source : Gallica

Marcel Braunschvig L'antisémitisme (1902)

Il est vrai que ces ravages de l'athéisme dans les masses catholiques, certains n'hésitent pas à les attribuer à la diffusion de l'esprit juif.
Comme si, pour devenir incroyants, les catholiques avaient besoin de se mettre à l'école de juifs incrédules! Ou comme si, — le reproche alors serait plaisant, — le judaïsme par lui-même était une religion d'impiété ! Pourtant, s'il y a jamais eu un peuple, qui a cru profondément à un Dieu unique et distinct du monde, créateur de toutes choses et dispensateur de tout bien, c'est, j'imagine, le peuple juif.
Source : Gallica

Marcel Braunschvig L'antisémitisme (1902)

En France il a pu s'introduire à la faveur du malaise général, qu'ont provoqué, au penchant d'un siècle en travail d'un monde nouveau, le conflit aigu d'idées rivales en présence et le heurt retentissant d'intérêts contradictoires aux prises. Mais, en obscurcissant durant une crise mémorable l'esprit si lucide de notre nation, en provoquant dans son âme si douce une explosion de haine sauvage, et en empêchant ainsi la reconnaissance d'une erreur judiciaire dont il était déjà en partie responsable, il a, je crois bien, obtenu chez nous tout ce qu'il peut espérer.
Source : Gallica

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