Résumé

Portrait de Michel Chevalier Michel Chevalier L’Économie politique et le Socialisme

Mais faut-il pour cela supprimer l’intérêt personnel ? Et quelle est donc celle de ses facultés ; dont l’homme ne peut abuser ? Je dirai plus : quelle est la vertu dont à force de l’exagérer, ou en l’isolant, ou en l’appliquant à rebours de la justice et du bon sens, on ne puisse faire sortir un crime ? L’homme est un être libre : voilà pourquoi l’abus de toute chose lui est possible, et tout écart de la ligne droite facile, s’il le veut. Vous ne supprimerez absolument l’abus et l’écart que si vous anéantissez la liberté humaine elle-même.
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Prescrire la charité et le dévouement par acte législatif, ce n’est rien moins que démoraliser la société ; car on détruit le lien de la sympathie réciproque entre le bienfaiteur et celui qui reçoit le bienfait. On anéantit la liberté du premier, et c’est cette liberté qui eût fait le prix de la bonne œuvre. On détruit dans l’âme de l’autre le parfum de gratitude qui remontait vers le bienfaiteur, dont c’était toute la récompense. L’économie politique, conseillère du législateur, ne saurait avoir plus de puissance que la loi.
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Ceux qui, de nos jours, font un crime à l’économie politique du rôle qu’elle accorde, dans ses raisonnements, à l’intérêt personnel, tombent dans une méprise à peu près semblable. Il est aussi impossible de concevoir la production de la richesse sans l’action permanente et intense de l’intérêt personnel que le mécanisme planétaire sans la gravitation, ou que la machine de Watt et de Stephenson sans la force élastique des liquides vaporisés. L’homme est porté à produire la richesse par la force des appétits et des besoins qu’il ressent dans sa fibre même.
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