“ Quelle foi peut être celle que font naître et développent en nous la lâcheté et la faiblesse de notre cœur! qu'elle est plaisante en vérité, ne croyant ce qu'elle croit, que parce qu'elle n'a pas le courage de cesser d'y croire! Un sentiment aussi vicieux que l'inconstance ou la frayeur, peut-il produire en notre âme une impression judicieuse!—Il en est qui prétendent prouver, dit encore Platon, que la raison doit nous faire considérer comme de pures inventions, tout ce qui se dit des enfers et des peines futures ”
Michel de Montaigne
Résumé
Les Essais de Michel de Montaigne, publiés pour la première fois en 1580, constituent l'œuvre majeure de l'auteur, répartie en trois livres et 107 chapitres. Ce recueil, fruit d'une réflexion constante et d'une rédaction continue jusqu'à sa mort, aborde un large éventail de sujets – médecine, morale, histoire, ou même la vie quotidienne – en mêlant réflexions personnelles et citations anciennes.
Montaigne y développe une introspection approfondie sur l'homme, la nature et la connaissance, oscillant entre scepticisme et quête de vérité. L'œuvre, caractérisée par une structure ouverte et un style dialogué, a marqué l'histoire de la littérature comme un miroir universel de la condition humaine.
Citations de Essais (Michel de Montaigne)
“ Savoir par cœur, n'est pas savoir; c'est retenir ce qui a été donné en garde à la mémoire. Ce qu'on sait effectivement, on en dispose, sans consulter le maître du regard, sans avoir besoin de jeter les yeux sur son livre. Triste science que celle qui est tout entière tirée des livres; elle peut servir à nous faire briller, mais n'est d'aucune solidité; Platon nous le dit: «La fermeté, la foi, la sincérité constituent la vraie philosophie; toute science autre, qui a d'autres visées, n'est que fard tout au plus propre à donner un éclat trompeur.» ”
“ L'ivrognerie est on vice grossier, qui n'exige ni adresse, ni talent, ni courage.—L'ivrognerie, entre tous, est un vice grossier, qui rapproche l'homme de la brute. L'esprit a une certaine part dans les autres vices; il y en a qui ont, pourrait-on dire, je ne sais quoi de généreux; d'autres auxquels participent le savoir-faire, l'activité, la vaillance, la prudence, l'adresse, la finesse; l'ivrognerie, elle, est bestiale et ne fait qu'avilir. Aussi, la nation qui, de nos jours, est la moins policée, est-elle celle où ce vice est le plus pratiqué. ”
