Paul Doumergue

Paul Doumergue

Résumé

Portrait de Paul Doumergue Paul Doumergue Vague de chair (1916)

Nos obus tombent sans relâche sur cette mer humaine.
« Dans l'océan humain des creux se forment.
Les corps semblent s'enfoncer dans la boue.
Ou alors des débris sanglants volent avec de la terre et des flammes. L'obus est passé. Dans la masse grise et mouvante une belle place blanche m'apparaît, bientôt recouverte par une vague nouvelle de la masse grise. »
Je passe pour ne pas parler aux nerfs, quand je m'adresse à l'esprit sur les scènes qui resteraient comme une hantise d'horreur. Il faut pourtant comprendre ce qu'est devenu la guerre.
Source : Gallica

Portrait de Paul Doumergue Paul Doumergue Vague de chair (1916)

La guerre est devenue - sous l'impulsion allemande que les nations alliées ont été contraintes de suivre - une bataille des éléments, un cataclysme dans une nature nouvelle surajoutée à l'ancienne, machinée par la science, en quelque sorte surnaturelle, mais surnaturellement méchante, sauvage, meurtrière; c'est la folie furieuse de tout ce qui est élément de mort dans le monde, dont l'énergie est intensifiée, exaspérée par cette fureur même et cette folie.
Source : Gallica

Portrait de Paul Doumergue Paul Doumergue Vague de chair (1916)

Je pense à ce qui, dans cette matérialisation, cette bestialisation du monde qu'est la guerre, demeure la présence, la revanche et le triomphe de l'esprit.
L'armée française a fait digue : mais ce qui a maintenu debout cette digue de chair, on peut bien dire que c'est l'esprit. Certes la digue était faite de corps, elle était soutenue, protégée par la mitraille ; mais le mortier, le béton que n'a pas désagrégé la vague allemande, était fait d'esprit.
Source : Gallica

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