Paul Hartenberg

Résumé

Paul Hartenberg Les timides et la timidité (1901)

Lorsqu'on le regarde, le sang lui monte au visage, il se trouble, la parole s'embarrasse, le cœur palpite, il est étreint par une angoisse inexprimable. Alors, pendant une minute, il est absolument incapable de parler et d'agir librement. Il ne cherche qu'à cacher son trouble, en faisant semblant de s'occuper à autre chose. Chaque fois qu'il doit se montrer en public, parler à quelqu'un, ce lui est une véritable torture. A l'avance, il a peur de rougir et, le moment venu, il ne manque pas de le faire. Tout seul, lorsqu'il est livré à ses pensées, c'est à la rougeur qu'il songe exclusivement.
Source : Gallica

Paul Hartenberg Les timides et la timidité (1901)

Par la timidité, nous ne nous montrons jamais tels que nous sommes, et de même, nous ne voyons jamais les autres tels qu'ils sont. Entre la pensée et l'action, s'interpose toujours l'émotion qui dénature l'une et entrave l'autre. Chez le timide, les sentiments affichés sont souvent l'inverse de ceux qu'il éprouve : c'est l'humilité en place de l'orgueil, la misanthropie en place de la bonté, la froideur en place de la sympathie. De même la vie réalisée est souvent l'envers de la vie souhaitée.
Source : Gallica

Paul Hartenberg Les timides et la timidité (1901)

C'est une angoisse continue, semblable à une obsession, et que chaque événement rappelant le rôle et la pièce, une affiche, une note de journal, etc., exagère jusqu'au paroxysme. Tel est le « trac d'attente ».
Avant les « premières », cet état est surtout marqué. Il peut commencer parfois quinze jours avant la « première » redoutée : dans les derniers jours, l'émotion s'atténue comme par épuisement, pour s'accroître plus que jamais la veille et le jour même de la représentation. Ce jour-là, l'artiste est maussade, inabordable. M. Worms fait de longues courses à pied.
Source : Gallica

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