Résumé

Portrait de Théodore de Wyzewa Théodore de Wyzewa Revues étrangères - Un épisode de la vieillesse de Casanova

M. Opiz, et non pas : Opiz, car vous vivez encore. Actuellement on dit : Newton, Leibnitz, d’Alembert ; mais remarquez que, de leur vivant, on ajoutait à leurs noms la civile épithète de « Monsieur. » On dit aujourd’hui : M. Lagrange, M. Formey, M. Opiz et M. Casanova, car nous ne sommes ni esclaves, ni charlatans, ni rois. Si la coutume de nommer les honnêtes gens sans les honorer du plus mince de tous les titres est de la langue allemande, commencez vous-même, mon cher ami, à la débarbariser ! Vous vous ferez un mérite.
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Mais évidemment Opiz s’est juré de vaincre, à force de flatterie, l’humeur quelque peu difficile d’un ami qui, à présent, s’est mis en tête de ne plus même souffrir d’être qualifié de « philosophe, » — si bien que le pauvre homme ne sait plus comment l’appeler ! Du moins le voyons-nous s’Ingénier à reprendre, dans les lettres de Casanova, toutes les phrases qui ne contiennent pas de remarques trop offensantes à son endroit, pour les entourer d’un commentaire infiniment élogieux.
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Ainsi se poursuit, de mois en mois, cette correspondance extraordinaire, où Casanova ne se relâche pas de rabrouer l’inspecteur de finances, non plus que celui-ci de le remercier, avec mille témoignages ingénus d’un mélange de tendresse et de « vénération. » En vain Casanova l’engage à « éloigner de son style la flatterie, car l’encensoir casse souvent le nez de l’idole qu’on encense. » Opiz lui répond que, « après avoir longtemps soupiré, il a été bien heureux de recevoir sa précieuse lettre. »
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