Édouard Delpit

Résumé

Édouard Delpit Les faiseurs de coups d'état (1877)

Est-il vrai que le bourgeois, le noble, le prêtre ne va pas prendre les pavés et faire des barricades ?
Si tout cela est vrai, — et personne n'oserait soutenir le contraire, — quelle effroyable responsabilité doit peser sur les faiseurs de coups d'État!
Quoi ! le peuple est tranquille, le travail fécond, la fortune publique solidement assise. On n'entend, — pareil au sourd bourdonnement d'une ruche, — que le bruit d'une nation à l'ouvrage. Et tout d'un coup les canons éclatent, le sang est versé ; partout la désolation, les cris d'angoisse, les appels désespérés des femmes et des mères.
Source : Gallica

Édouard Delpit Les faiseurs de coups d'état (1877)

Cela est si vrai que, lorsqu'on inculquait à notre génération la haine du 2 Décembre, on ne lui disait pas : « Il faut mépriser le parjure » ; on lui criait, et même on lui chantait : « Il faut conspuer l'assassinat. »
Qui donc le rendait inévitable, cet assassinat? Qui donc ameutait la foule, et dans quel but? Ne sait-on pas ce qui sort fatalement d'une collision, et le fusil, dans la main de l'ouvrier, a-t-il des propriétés mions meurtrières que dans la main du soldat ?
La vie du saldat vaut bien celle de l'ouvrier.
Source : Gallica

Édouard Delpit Les faiseurs de coups d'état (1877)

La société râlait, l'homme s'appelait Victor Hugo!
La société était au comble de ses épreuves, Victor Hugo à l'apogée de sa gloire. L'une avait les appréhensions, les craintes, les épouvantements ; l'autre, sa lyre en main, marchait dans les astres. — Et ce n'est pas pour rien que les astres sont d'or.
Soudain, il y eut ce coup de théâtre: la société respirant à pleins poumons, l'homme hurlant ses malédictions sur le rocher d'exil.
D'où cette conclusion tirée par le poète : la société est morte, je prétends la venger.
Source : Gallica

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