“ « Certes, s’écria alors Oçaïd, c’est toi qui le chasseras si tu le veux ; c’est toi qui es l’homme fort, c’est lui qui est l’homme faible. » Le fils d’Abd-allal, le traitre, qui s’appelait aussi Abd-allah et était dévoué à l’Islamisme, vint à savoir les paroles qu’avait prononcées son père, et il dit aussitôt à Mohammed : « O prophète de Dieu, on m’a dit que tu veux punir mon père de mort ; si telle est ton intention, ordonne et je t’apporte sa tête. Loin de là, répondit le prophète ; sois à son égard un fils tendre et un compagnon dévoué. » ”
Aboul Féda
Élements biographiques
Aboul Féda (1273-1331), historien et géographe arabe médiéval musulman, figure emblématique de la tradition ayyoubide, a marqué la pensée islamique par ses œuvres majeures : L’Histoire abrégée du genre humain et La Vraie situation des pays.
Issu d’une dynastie kurde liée à Saladin, il mêle chronique historique et description géographique, intégrant des données topographiques, climatiques et sociales. Son œuvre, traduite en latin et en français dès le XVIIe siècle, révèle une vision du monde à la fois exacte et synthétique, influençant les savants européens de son époque.
Citations de Aboul Féda
“ « O toi qui m’es plus cher a que mon père et ma mère, dit Abou-Sofian, quant à ceci, je conserve encore quelque doute. » Je lui dis alors : « Malheur à toil rends témoignage avant que ta tête ne tombe. Et Abou-Sofian rendit témoignage. Hakim, fils de lazam, et Bodail, fils de Warka, se convertirent en même temps que lui à l’Islamisme. Le prophète me dit : « Rends-toi avec Abou-Sofian vers l’entrée de la vallée, qu’il puisse y contempler l’armée de Dieu. Je répondis : « O prophète de Dieu, cet homme aime la gloire ; accorde-lui quelque privilège qui le distingue aux yeux de son peuple. » ”
“ Mossab lui dit alors : « Voudras-tu t’asseoir et nous écouter ? » Oçaïd s’assit et Mossab lui fit entendre le Coran et connaître l’Islamisme : « Que cela est beau ! s’écria Oçaïd ; comment faites-vous lorsque vous voulez entrer dans cette religion ? » Mossab le lui enseigna et il prononça la formule de l’Islamisme ; puis il dit : « Après moi il est encore un homme ; s’il suit vos lois, personne ne restera en arrière de lui. Je vais vous l’envoyer (il voutait parler de Saad, fils de Moadh) , » Aussitôt il prit sa pique et se rendit auprès de Saad qu’il envoya vers Mossab et Açad. ”
