“ Abou-Taleb se rendit aussitôt près des Koreïschites et leur fit connaître les paroles du prophète en ajoutant : « Si cela est vrai, abstenez-vous de rester séparés de nous ; si c’est un mensonge, je vous livrerai le fils de mon frère. » Ils en demeurèrent d’accord, puis ils allèrent regarder le feuillet, et la chose était ainsi que l’avait dit Je prophète, Cela causa aux Koreïschites un vif dépit, mais du moins une grande partie d’entre eux abolirent ce pacte par lequel ils avaient éloigné d’eux tes Benou-Abd-el-Mottalib. ”
Koreischites
Définition et enjeux
Citations sur “Koreischites”
Guillaume Belèze, L'histoire du moyen-âge mise à la portée des enfants avec questionnaires… (1873)
“ Vainqueur des Koreischites à Béder, il éprouva une défaite près du mont Ohud, malgré les efforts héroïques d'Ali et d'Omar, ses lieutenants. Soixante-dix musulmans périrent dans ce combat. Il s'y commit d'incroyables atrocités. Les femmes koreischites coupèrent le nez et les oreilles aux morts pour s'en faire des colliers et des bracelets. Dans une autre rencontre où les Koraïdites, tribu juive, furent vaincus, les musulmans enterrèrent tout vifs sept cents de leurs ennemis sur la place de Médine ”
“ La persécution des Koreïschites redoublant de violence contre les compagnons du prophète, il permit à ceux d’entre eux qui n’avaient pas de famille pour les protéger, de se réfugier en Abyssinie. Les premiers qui quittèrent l’Arabie étaient au nombre de douze hommes et de quatre femmes. ”
Ernest Renan,
Histoire générale et système comparé des langues sémitiques…
(1863)
“ Or, dans la pensée des Arabes, l'isolement est la meilleure garantie de la pureté d'un idiome, l'altération de la langue se présentant toujours à eux comme un résultat du commerce avec les barbares1. Cette opinion de la précellence du langage des Koreischites est tellement enracinée chez les grammairiens arabes, qu'ils n'ont pas hésité à établir, comme criterium de la noblesse ou de la corruption d'un dialecte, la plus ou moins grande distance qui sépare la tribu qui le parle du pays des Koreischites. ”
Ernest Renan,
Études d'histoire religieuse
(1857)
“ Dans sa première jeunesse, il se bat avec les Koreischites contre les Hawazin, et les Koreischites n'en sont pas moins taillés en pièces. Dans une course, sa chamelle est distancée par celle d'un Bédouin, et il en éprouve un vif dépit. L'Arabie ne s'est pas crue obligée, pour exalter son prophète, de l'élever au-dessus de l'humanité et de le soustraire aux affections de tribu, de famille, à d'autres plus humbles encore. Les historiens musulmans nous racontent qu'il aimait son cheval et sa chamelle, qu'il essuyait leur sueur avec sa manche. ”
Washington Irving,
Vie de Mahomet
(1865)
“ Le retour à la Mecque de Mahomet et de ses disciples lut suivi d'importantes conversions, tant parmi les habitants de la ville que parmi les pèlerins venus des pays lointains. Le chagrin qu'éprouvaient les Koreischites du développement de la nouvelle secte fut adouci par les nouvelles des victoires que les Persans venaient de remporter sur les Grecs, et qui leur livraient la Syrie et une partie de l'Egypte. Les idolâtres Koreischites triomphaient de la défaite des chrétiens grecs, dont la foi, opposée au culte des idoles, était par eux assimilée à celle que prêchait Mahomet. ”
Ignace-Louis Gondal, Mahomet et son œuvre
“ Injustement attaqués par les partisans du Prophète, transformés pour la circonstance en vulgaires bandits, les Koréïschites se défendirent les armes à la main. La guerre éclata entre Médine et la Mecque, une guerre acharnée, à laquelle prirent une part très active, d’un côté, Mahomet en personne à la tête de ses fidèles, de l’autre Abou-Sophian à la tête de ses alliés. ”
Ernest Renan,
Histoire générale et système comparé des langues sémitiques…
(1863)
“ Les Arabes euxmêmes reconnaissent que l'unité de la langue classique n'a été fondée que par la prépondérance des Koreischites et grâce à l'emploi exclusif du dialecte mekkois dans le Coran. Comment donc supposer, longtemps avant Mahomet, une langue littéraire unique, s'étendant d'un bout à l'autre de l'Arabie, surtout quand il est constaté que les Koreischites n'eurent qu'une faible part au mouvement de la poésie anté-islamique? ”
Ernest Renan,
Histoire générale et système comparé des langues sémitiques…
(1855)
“ Ce fut l'islamisme qui porta le coup mortel à la langue et à la civilisation himyarites. L'arabe des Koreischites, consacré par le Coran, absorba rapidement autour de lui les dialectes de l'Arabie, puis les autres idiomes sémitiques. Néanmoins, comme l'a fait observer M. Fresnel 1 , cette conquête fut loin d'être absolue, et nulle part peut-être l'envahissement de la langue et de la religion koreischites ne trouvèrent plus d'opposition que dans l'Arabie elle-même. ”
Washington Irving,
Vie de Mahomet
(1865)
“ Les Koreischites, voyant que Mahomet ne voulait pas se taire et faisait journellement des conversions, rendirent une loi qui bannissait tous ceux qui embrasseraient sa croyance. Mahomet se retira devant l'orage et se réfugia dans la maison de son disciple Orkham, située sur la colline de Safa. ”
Washington Irving,
Vie de Mahomet
(1865)
“ Les confédérés s'enfuirent au plus vite de ce théâtre de tumulte et de terreur; les Koreischites se dirigeant vers la Mecque, les autres vers leurs déserts. Abou-Sofian, furieux et humilié, écrivit à Mahomet une lettre dans laquelle il lui reprochait de s'être lâchement caché derrière un fossé — chose inconnue dans les guerres entre Arabes — et le menaçait de prendre sa revanche un jour qu'il le rencontrerait en rase campagne, comme à Ohod. Mahomet lui répondit par un défi, et prédit que le jour était proche où il briserait les idoles des Koreischites. ”
Washington Irving,
Vie de Mahomet
(1865)
“ Le dormeur se lève ; mais au lieu de Mahomet, c'est Ali qui est devant eux. Etonnés et déconcertés, ils demandent où est Mahomet. « Je n'en sais rien, » répond Ali de mauvaise humeur, et il sort sans que personne s'aventure à l'inquiéter. Exaspérés de la disparition de leur victime, les Koreischites promirent une récompense de cent chameaux à quiconque leur amènerait Mahomet mort ou vif. ”
“ Lorsque les Koreïschites surent que le prophète avait trouvé à Médine des auxiliaires, et que ses partisans, parmi les Mecquois, étaient allés les rejoindre, ils craignirent que Mohammed lui-même ne s’échappât vers Médine ; en conséquence ils se réunirent (55) et résolurent de choisir un homme dans chaque tribu, afin que tous ces conjurés frappassent ensemble, comme un seul homme. ”
E. Renan, Mahomet et les origines de l’islamisme
“ Abd-el-Mottalib, fils de Hâschem et grand-père de Mahomet, continua l’œuvre traditionnelle de l’oligarchie koreischite par la découverte du puits de Zemzem [16] . Le puits de Zemzem, indépendamment de la tradition qu’on y rattacha, était, dans une vallée aride et aussi fréquentée que celle de la Mecque, un point capital, et assurait la prééminence à la famille qui se l’était approprié. La tribu des Koreischites se trouvait ainsi élevée, comme celle de Juda chez les Hébreux, au rang de tribu privilégiée, destinée à réaliser l’unité de la nation. ”
E. Renan, Mahomet et les origines de l’islamisme
“ Le Koreischite Cossay, ayant enivré le Khozaïte Abou-Ghobschan, gardien des clés, les lui acheta, dit la légende, pour une outre de vin et fonda ainsi l’autorité primatiale de sa tribu. À ce moment commence le grand mouvement d’organisation de la nation arabe. Jusque-là, on n’avait osé dresser que des tentes dans la vallée sacrée ; Cossay y groupa les Koreischites, reconstruisit la Caaba et fut le vrai fondateur de la ville de la Mecque. Toutes les institutions les plus importantes datent de Cossay : le nadwa, ou conseil central siégeant à la Mekke ”
Washington Irving,
Vie de Mahomet
(1865)
“ Pendant l'année de trêve qui suivit la bataille d'Ohocl, le chef remuant des Koreischites, AbouSofian, forma une ligue avec la tribu arabe de Ghatafan et d'autres tribus du désert, ainsi qu'avec beaucoup de Juifs de la race de Nadher que Mahomet avait chassés de leurs foyers. La trêve finie, il se prépara à marcher sur Médine avec ses confédérés, les forces combinées s'élevant à onze mille hommes. ”
Washington Irving,
Vie de Mahomet
(1865)
“ Quand la lutte fut terminée, Abdallah-Ibn-Masoud apporta la tête d'Abou-Jahl à Mahomet qui regarda le hideux trophée avec bonheur, s'écriant : « Cet » homme était le Pharaon de notre nation. » Le vrai nom de ce vieux guerrier était Amrou-Ibn-Hascham. Les Koreischites lui avaient donné le surnom d'Aboulhoem, ou père de la sagesse, à cause de sa sagacité. Les Musulmans l'avaient changé en celui d'Abou-Jahl, père de la folie. Cette dernière appellation lui a été conservée par l'histoire; et les vrais croyants ne parlent jamais de lui, sans ajouter cette éjaculation: « Que Dieu le maudisse ! » ”
Ignace-Louis Gondal, Mahomet et son œuvre
“ Chez Mahomet le visionnaire exalté était doublé d’un fin politique. Il n’a plus l’oreille de ses compatriotes ; mais son prestige est intact aux yeux des étrangers. Or, parmi ces derniers, il le sait, un très grand nombre ne supportent qu’avec peine l’ingérence quelque peu hautaine des Koréïschites dans toutes les affaires religieuses et commerciales de l’Arabie. Au premier rang de ces jaloux sont les habitants d’Yatreb, de tout temps désireux d’attirer, à leurs marchés et à leurs sanctuaires, les flots de commerçants et de pèlerins que les foires de la Mecque réunissent autour de la Kaaba. ”
E. Renan, Mahomet et les origines de l’islamisme
“ Mahomet, lui dirent les koreischites, puisque tu n’agrées pas nos propositions, et que tu persistes à te prétendre envoyé d’Allah, donne-nous des preuves évidentes de ta qualité. Notre vallée est étroite et stérile ; obtiens de Dieu qu’il l’élargisse, qu’il éloigne l’une de l’autre ces chaînes de montagnes qui la resserrent, qu’il y fasse couler des fleuves pareils aux fleuves de la Syrie ou de l’Irak, ou bien qu’il fasse sortir du tombeau quelques-uns de nos ancêtres, et parmi eux Cossay, fils de Kilâb, cet homme dont la parole avait tant d’autorité ”
Ignace-Louis Gondal, Mahomet et son œuvre
“ En 629, Mahomet fait à la Kaaba, suivi de deux mille fidèles, une première apparition. Trois jours lui suffisent pour faire ses dévotions, et il repart, comme il était venu, sans bruit. L’année suivante, c’est suivi d’une armée de dix mille hommes qu’il se présente aux portes de la Mecque. Les Koréïschites sonnent l’alarme ; ils sont massacrés. Les principaux citoyens protestent ; Mahomet permet à ses soldats de les assassiner. La ville est à lui ; reste la Kaaba. ”
Édouard Sayous,
Jésus-Christ d’après Mahomet
“ Pourquoi Mahomet insiste-t-il sur cette impuissance des miracles à convaincre ? Parce que lui-même n’avait pas ce pouvoir, qu’il reconnaissait à Jésus dans le passé ; il était trop fin pour chercher à se l’attribuer devant des observateurs aussi sceptiques, aussi mal disposés et aussi habiles dans la discussion, que les Koréischites [8] . « Ils disent : Si au moins des miracles lui étaient accordés de la part de son Seigneur, nous croirions. Réponds-leur : Les miracles sont au pouvoir de Dieu, et moi je ne suis qu’un envoyé chargé d’avertir ouvertement » [9] . ”
“ C'est Ià l'un des miracles les plus célèbres qui aïent été faits par le prophète. Les Koreïschites envoyérent au prophète, Oroua, fils de Macoud, des Benou-Thakif, chef des habitants de Taïcf, qui lui dit : « Les Korcischites ont revêtu la peau du léopard, et ils ont pris Dieu à témoin du serment qu'ils ont fait, qu'ils «ne te faisseraient pas entrer à la Mecque.» ”
Édouard Sayous,
Jésus-Christ d’après Mahomet
“ La cité de la Kaaba, centre d’un paganisme sidéral dont la Pierre Noire est restée le document indestructible, ne devait renfermer que fort peu de chrétiens proprement dits ; et ils ne devaient guère plus abonder dans le domaine des tribus autres que les Koréischites, et dans le plateau central du Nedjed, la patrie des poètes et du cheval noir. Seuls les Juifs étaient nombreux, surtout à Yatreb, la future Médine. Toutefois quelques notions chrétiennes, venues du Nord et du Sud et comme tamisées par le désert, avaient pénétré dans certains esprits. ”
Ernest Renan,
Histoire générale et système comparé des langues sémitiques…
(1863)
“ Il paraît, du reste, que les Arabes passés en Afrique appartenaient à la tribu des Koreischites, et représentaient l'esprit de leur race dans ce qu'il a de plus pur 1. De nos jours encore l'islamisme et la langue du Coran font de rapides progrès dans la partie orientale de l'Afrique2, du côté de Mozambique et de Madagascar. Plusieurs pays du Soudan, tels que le Ouaday, paraissent avoir été récemment convertis3, et la propagande arabe, chez les noirs du Sénégal et de la Guinée, est de jour en jour plus active4. ”
“ Aussi, de retour vers les Koreischites, il leur disait : « J'ai vi- «sité Kesra et Kaissar dans leurs royaumes, mais je n'ai << jamais vu de souverain vénéré par son peuple comme Mo- «hammed l'est par ses compagnons. » Mohammed fit ensuite appeler Omar, fils de Khattab, dans l'intention de l'envoyer annoncer aux Koreischites qu'il n'était pas venu pour leur faire la guerre ”
“ Le prophète fit achever le fossé et bientôt approchèrent r. 44 les Koreischites avec leurs divers alliés, et ceux des Benou- Kénana qui s'étaient joints à eux, an nombre total de dix mille hommes. Les Benon-Ghatafan approchèrent aussi suivis par une partie des habitants du Nedjd, puis encore les Benou- Koraizha, commandés par Caab, fils d'Acad. Ils avaient été d'abord alliés au prophète; mais les Juifs, leurs coreligion- naires, n'avaient cessé d'insister auprès d'eux jusqu'à ce qu'ils cussent rompu leur pacte et pris part à la ligue formée contre le prophète de Dieu. ”
Théodore Bachelet, Mahomet et les arabes (1853)
“ La plus fameuse de ces guerres eut lieu peu de temps avant la naissance de Mahomet. Les rois de l'Yémen, ayant embrassé le judaïsme , opprimèrent les chrétiens : ceux-ci implorèrent le secours des Abyssins, qui leur firent passer une armée sous les ordres d'Aryat. L'Yémen fut conquis sur la dynastie des Himyarites, en 529, et subit la domination étrangère. Les Koréischites, qui avaient la garde de la Caaba, s'alarmèrent du voisinage des chrétiens d'Abyssinie, et vinrent mettre le feu à leur temple. ”
Washington Irving,
Vie de Mahomet
(1865)
“ « La peur amène le déshonneur. En avant est l'honneur. La lâcheté ne sauve personne de sa destinée. » Comme il n'avait pas l'intention de prendre une part active dans le combat, il la confia à un brave guerrier, Abou-Dudjana, qui jura de la manier aussi longtemps qu'elle aurait un tranchant et de la trempe. Quant à lui, il s'établit, suivant son habitude, sur un point élevé d'où il pût dominer le champ de bataille. Les Koreischites, confiants dans leur nombre, vinrent au pas, et bannières flottantes, jusqu'au pied de la colline. Abou-Sofian conduisait le centre ”
“ Lorsque sa maladie eut pris an caractère de gravité, le prophète lui dit : « Récite-le, à mon oncle (c’est-à-dire le témoignage de la foi musulmane) , afin qu’au jour da jugement il me soit permis d’intercéder en ta faveur. — O fils de mon frère, répondit Abou-Taleb, si ce n’était la crainte des injures et l’idée qu’attraient les Koreïschites, que je n’ai cédé qu’à la peur de la mont, certes je prononcerais la formule du témoignage. » ”
Washington Irving,
Vie de Mahomet
(1865)
“ Il se rendit ensuite auprès des Koreischites et de la tribu de Ghatafan, et les prévint de ne pas faire fonds sur les Juifs de la tribu de Koraida, lesquels avaient l'intention de leur demander des otages qu'ils livreraient à Mahomet. La défiance semée avec tant d'artifice entre les confédérés ne tarda pas à produire son effet. AbouSofian fit dire le vendredi soir aux Koraidites. d'être prêts à coopérer le lendemain matin fi un assaut général. Les Juifs répondirent que le lendemain était leur jour de sabbat; et qu'ils ne pouvaient pas se battre ce jour là ”
“ Revenu à Safra, Mohammed ordonna à Ali de trancher la tête à Nadbr, fils de Harith, qui avait été l’un de ses ennemis les plus ardents (70) ; car lorsque le prophète récitait le Coran, à disait aux Koreïschites : « Mohammed ne vous apporte que des rêveries inventées par les anciens. » Le : prophète fit encore trancher la tête à Okba, fils d’Abou-Moaît, fils d’Omoïa. Othman, fils d’Affan, était resté, d’après l’ordre du prophête, À Médine, à cause de la maladie de sa femme Rokai (71) . fille de Mohammed, et pendant l’absence du prophète, qui fut de dix-neuf jours, elle mourut. ”
