“ Des députés envoyés par le prophète aux souverains. Ce fut dans la septième année de l’hégire que le prophète envoya des lettres et des députés à plusieurs souverains, pour les appeler à l’Islamisme, A Kesra-Parwiz (111) , fils d’Hormouz, il envoya Abdallah, fils de Ilodhafa. Kesra déchira la lettre du prophète, en disant : a Ose-t-il m’écrire ainsi cet « homme qui est mon esclave ! » ”
Hégire
Définition et enjeux
L’hégire désigne l’ère musulmane, marquée par l’exil du prophète Mahomet de La Mecque vers Médine en 622, servant de point de référence chronologique pour les calculs des dates islamiques. Aboul Féda, dans Vie de Mohammed, l’utilise comme axe pour situer des événements historiques, comme l’envoi des députés ou la chronologie des figures religieuses.
D’autres auteurs, comme Saint-René Taillandier, ont intégré cette notion dans des réflexions sur l’histoire et la civilisation, illustrant son importance transversale. Les thèmes liés, tels que la Mecque, Médine ou le Ramadan, soulignent son ancrage dans la géographie et les pratiques religieuses islamiques.
Citations sur “Hégire”
“ Ainsi celui qui désire connaître l’espace de temps qui sépare deux événements quels qu’ils soient n’a qu’à noter le nombre d’années écoulé entre chacun d’eux et l’hégire, puis retranchant Le plus petit nombre du plus grand, le reste formera l’intervalle demandé. ”
“ « Que Dieu ait pitié de ceux a qui ont la tête rasée. Et pareillement, & prophète de «Médine où il resta jusqu'à la fin de l'année, puis on entra dans la septième année de l'hégire. ”
“ Si nous voulons, par exemple, connaître combien il y a d’années entre la naissance du Messie et celle du prophète de Dieu, nous retranchons les années écoulées entre Ia naissance du prophète et l’hégire, c’est-ä-dire cinquante-trois ans deux mois et huit jours de six cent-trente et un ans, À reste alors cinq cent-soixante et dix-huit années moins deux mois et huit jours, ce qui forme en effet l’espace écoulé entre a naissance du prophète de Dieu et celle du Messie, fils de Marie. ”
“ Abou-Sofian en ayant en avis, envoya quelqu'un des siens à la Mecque et fit savoir aux Koreïschites l'attaque que méditait contre lui le prophète. Aussitôt ils se hâtèrent de sortir de la ville, et de tous les principaux d'entre eux il ne manqua qu'Abou-Lahab qui envoya à sa place As, fils de Hescham. Le nombre des Kordschites montait à neuf cent cinquante hommes, parmi lesquels il y avait cent cavaliers. Le prophète sortit de Médine le troisième jour du mois de ramadhan, dans In seconde année de l'hégire ”
de Voragine Jacobus, La légende dorée (1902)
“ Et comme l’inconnu se cachait sous le lit, Grégoire prend des mains de Pierre une grande torche et brûle le visage de cet inconnu au point de le rendre noir, comme un Ethiopien. Une étincelle tombe alors sur le manteau blanc et le consume ; et cet inconnu, qui n’est autre que le diable, apparaît noir comme de la suie. Et le diacre Pierre dit à saint Grégoire : « En vérité nous l’avons bien noirci ! » Et Grégoire : « Ce n’est pas nous qui l’avons noirci, nous l’avons simplement fait paraître tel qu’il était ! » Sur quoi ils s’envolent, laissant dans la cellule de Jean un grande lumière. ”
Saint-René Taillandier,
Historiens modernes de l’Allemagne – G. Gottfried Gervinus
“ Hegel, le sombre et puissant Hegel, a écrit des pages d’une grâce toute lumineuse sur cette civilisation hellénique qui fut l’adolescence du monde, et où toutes les manifestations de l’esprit, l’épopée, le drame, la statuaire, aussi bien que la philosophie et la religion, dessinèrent en traits immortels la figure de l’humanité; M. Gervinus veut que l’esprit moderne, renouant la chaîne brisée de l’inspiration et rentrant dans les voies de la nature, retrouve, non pas cette adolescence elle-même, mais une virilité qui en soit digne. Quel peuple, quelle littérature a mieux compris cette tâche? ”
Alfred Weber, Introduction historique à la philosophie hégélienne… (1866)
“ Philosophie de la nature, un passage naturel de l'une à l'autre. La division adoptée par Hegel, dans l'Encyclopédie, reproduit fidèlement, disent-ils, l'idée trinitaire qui est au fond de son système. Je réponds que, loin de la reproduire fidèlement, elle la fausse. Dans la pensée de Hegel, l'idée n'existe pas en soi et in abstracto avant d'exister in concreto; sitôt qu'elle existe, elle est hors d'elle ou à elle, matière ou esprit, et comme elle existé nécessairement et toujours, elle ne saurait exister que sous deux formes distinctes, sous forme de matière ou sous forme d'esprit. ”
Edmond Scherer,
Hegel et l’Hégélianisme
“ Oui, il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre que la philosophie ne saurait en expliquer, fût-ce la philosophie de l’absolu. Les questions restent debout devant nous, toujours aussi obscures et aussi menaçantes, et nous, pour les résoudre, nous avons l’espérance de moins et le découragement de plus. Hegel nous apportait l’infini dans une formule, mais l’infini qui se formule n’est pas l’infini. Il n’y a qu’un infini, celui de nos désirs et de nos aspirations, celui de nos besoins et de nos efforts, l’infini de la vérité, de la liberté, de la perfection. ”
Edmond Scherer,
Hegel et l’Hégélianisme
“ Une histoire de la vie et des travaux de Hegel, une histoire critique surtout, qui nous eût montré le philosophe dans la transformation de sa pensée et les inconséquences de sa doctrine, nous aurait mieux aidés à le comprendre qu’une simple analyse de l’Encyclopédie, Ajoutons que l’exposition de M. Véra est prolixe, que le fil en est rompu par une polémique perpétuelle, enfin qu’on y sent trop l’enthousiasme du disciple et trop peu la fermeté du critique. ”
Edmond Scherer,
Hegel et l’Hégélianisme
“ Ces clartés sans nombre dont s’illumine la nuit, il n’y voit qu’une dartre sur la face du ciel ; en revanche, il nous montre que le Père, le Fils et le Saint-Esprit répondent aux trois divisions de la philosophie, et qu’ils sortent l’un de l’autre conformément aux règles de la dialectique. On admire généralement la richesse de la nature : Hegel, dans cette variété, signale une marque d’impuissance ; s’il est difficile de classer les faits, c’est, pense-t-il, que la nature, en réalisant l’idée, n’a pas su la suivre d’assez près. ”
G. Valbert,
Hommes et choses du temps présent
“ Hegel avait dit encore que Thersite, ce terrible contempteur et insulteur des rois, est un type éternel, et que s’il ne reçoit pas dans tous les siècles des coups de bâton, on peut laisser le soin de le punir à la jalousie qui le dévore, au ver immortel qui le ronge. Mais Hegel était un philosophe; il ne se piquait pas de fonder une religion, et il n’a eu garde de canoniser les grands hommes. Après tout ils sont pétris de notre argile, le sang qui coule dans leurs veines est bien le nôtre; il n’y a en eux rien de surhumain, et s’ils préparent l’avenir, ils sont les fils de leur temps. ”
Anonyme, Les Mille et Une Nuits
“ Hegiage étant entré dans la chambre où la vieille avoit déposé Naam, fut extrêmement surpris de sa beauté. Jamais il n’avoit rien vu de si parfait et de si régulier. Naam, en l’apercevant, baissa son voile. Hegiage fit appeler sur-le-champ un de ses officiers, et lui ordonna de monter à cheval avec cinquante cavaliers, de faire monter la jeune esclave sur un de ses meilleurs chameaux, de la conduire à Damas, et de la remettre entre les mains du calife Abdalmalek ebn Merouan. ”
E. Caro, Les deux Allemagnes. — Madame de Staël et Henri Heine
“ Hegel et tous les penseurs à sa suite n’hésitent pas à lui promettre la suprématie universelle, l’empire du monde. Et qu’on le remarque bien, il ne s’agit pas d’une domination mystique par la sympathie et l’amour, ni d’une suprématie d’intelligence, d’un rayonnement supérieur de civilisation ou de pensée. Il s’agit d’une domination très réelle, d’un empire objectif, pour parler ce singulier langage, qui n’a rien d’idéal au fond. Il faut que le monde appartienne à l’Allemagne pour que la philosophie de Hegel trouve son couronnement. ”
Edmond Scherer,
Hegel et l’Hégélianisme
“ Si Goethe représente la poésie de l’Allemagne, Hegel n’en représente pas moins la science, Réunis, ces hommes extraordinaires offrent le type complet d’une nation et d’une époque. Ils se ressemblent d’ailleurs à plus d’un égard : ils ont l’un comme l’autre l’amour de l’idéal et l’intelligence de la réalité, la puissante activité, la vaste érudition. Je ne crains point, en m’exprimant ainsi, d’exagérer l’importance de Hegel. Jamais tentative aussi colossale que la sienne n’avait encore été faite pour comprendre l’univers et le reproduire par la pensée. ”
Émile Beaussire, Antécédents de l'Hégélianisme dans la philosophie française… (1865)
“ Tout n'est pas réduit, dans notre pensée, à la mobilité du devenir ; mais il n'est pas une vérité qui soit entièrement fixe, et qui n'ait à se résoudre, à travers les développements de la science, dans une série de vérités toujours plus ou moins mélangées d'erreurs. Ainsi entendue, la dialectique hégélienne nous paraît aussi vraie que féconde. Mais Hegel ne s'en est pas tenu à ce dogmatisme tempéré. Loin de tout réduire au relatif, il prétend, au contraire, tout ramener à l'absolu. ”
Raffaele Mariano, La philosophie contemporaine en Italie… (1868)
“ Je crois que Véra a apporté dans l'intelligence de la philosophie de Hégel une justesse et une profondeur incomparables, et qu'il l'a exposée avec une si grande clarté et un tel tact, que son nom sera à jamais lié à l'oeuvre immortelle de Hégel. Qu'il continue la grande mission qu'il s'est donnée... ”
Armand de Pontmartin,
Les jeudis de madame Charbonneau
(1862)
“ Hegel n'a vu ni le dehors, ni le dedans de ce condamné politique de Dieu, en prison dans ses organes et en prison sur sa mappemonde, ce double pénitentiaire parfaitement construit, avec ses climats et ses langues, qui, à lui seul, dirait la faute, quand l'Histoire, plus certaine que la Philosophie, ne nous la dirait pas, et il a eu la prétention superbe, froide, mais naïve, de pénétrer les essences, de saisir l'absolu dans sa notion la plus précise et la plus profonde, de construire enfin ici-bas scientifiquement la vérité. ”
Edmond Scherer,
Hegel et l’Hégélianisme
“ Rien n’est plus facile que de réfuter l’hégélianisme, lorsqu’on s’arrête à la lettre. C’est une porte ouverte, qu’il est parfaitement superflu d’enfoncer. Hegel est jugé par sa tentative même. Comprendre l’univers, c’est le refaire ; le philosophe l’entendait bien ainsi, et il faut qu’il ait eu le cœur porté aux grandes choses pour entreprendre une pareille tâche. Il n’en est pas moins vrai que cet héroïsme inspire aujourd’hui plus d’admiration que de confiance. Nous sentons trop bien que la réalité nous déborde pour ajouter foi à ceux qui prétendent nous l’expliquer. ”
Émile Saisset, Revue des Deux Mondes
“ Telle est la grande découverte de Hegel, celle qui ravit ses disciples d’étonnement et d’enthousiasme. Lui-même, ce hardi et puissant esprit, s’en est tellement enchanté qu’il a entrepris l’immense labeur d’appliquer son idée au système entier des existences. ”
Edmond Scherer,
Hegel et l’Hégélianisme
“ L’esprit naïf et profond de l’Allemagne est naturellement religieux, et toutes les questions, au-delà du Rhin, aboutissent vite à Dieu. La philosophie en particulier y a toujours soutenu les rapports les plus étroits avec la théologie. On n’y croit pas mériter le nom de penseur si l’on ne se préoccupe avant tout des problèmes posés par le christianisme. Hegel s’en était vivement préoccupé. Nous avons vu le rang qu’il assignait à la religion dans le développement des choses. ”
Émile Saisset, La Philosophie moderne depuis Ramus jusqu’à Hegel
“ Hegel est infiniment moins connu que son maître, et il faut convenir qu’il y a bien de sa faute. C’est un génie sévère et subtil ; mais quelle étendue, quelle vigueur, quel enchaînement, quel puissant et gigantesque effort pour comprendre, embrasser et unir toutes choses ! On n’a encore publié en France que des esquisses de l’hégélianisme, et l’histoire générale de M. Wilm, suffisante pour une vue d’ensemble, ne peut servir de base à une discussion approfondie. ”
Collin de Plancy,
Dictionnaire infernal/6e éd., 1863
“ « Je compte tellement sur votre habileté, lui répondit Heggiage, que je veux vous avoir avec moi dans l’autre monde, et je vais vous y envoyer le premier, afin que je puisse me servir de vous dès mon arrivée. » ”
Saint-René Taillandier,
Revue des Deux Mondes
“ Hegel, assure-t-il, croyait à la personnalité de Dieu, et ce premier être, sans conscience et sans volonté, cette substance infinie qui a besoin de se manifester dans ses contraires afin d’arriver à se connaître, ce germe de Dieu qui ne fleurira et ne portera ses fruits que sur le théâtre complet de l’univers, ce n’étaient pour Hegel que de simples abstractions nécessaires à l’infirmité de notre esprit. ”
Georges Palante,
Revue philosophique de la France et de l’étranger
“ Passons à ce que nous avons appelé le Dogmatisme social de l’immanence. Les représentants de cette philosophie sociale procèdent plus ou moins directement de l’hégélianisme. — Pour Hegel, l’idée qui domine l’évolution sociale n’est plus une idée divine et transcendante. Le principe qu’il invoque n’est plus la raison en acte de Platon, mais une raison en marche, une vivante et mouvante harmonie, faite de contraires, qui se cherche elle-même et se réalise par degrés. ”
Saint-René Taillandier,
La Poésie philosophique en Allemagne
“ La conception de l’univers particulière à Hegel était faite pour tenter un poète hardi ; ce dieu qui sort de lui-même, qui se produit dans les formes visibles, dans la nature, dans l’humanité, et ensuite les brise sans pitié dès qu’il a retrouvé la conscience de son être, cette divinité terrible qui a besoin de tant de ruines, eût pu saisir avec vigueur une intelligence dantesque. ”
Raffaele Mariano, La philosophie contemporaine en Italie… (1868)
“ Car dès qu'on entend, et qu'on admet ce principe, que la raison est dans le monde, et que la philosophie est le représentant de la raison aux différents degrés de son développement, on admettra aussi que la vraie philosophie doit comprendre toutes les doctrines et toutes les philosophies dans son unité. C'est ce qu'a vu, et c'est ce qu'a réalisé Hégel, et par suite sa philosophie est la philosophie historique par excellence, INTRODUCTION, 9 Quant à son côté dogmatique, l'hégélianisme représente le plus haut degré de la conscience que l'esprit s'est donné de lui-même. ”
Collectif, Revue de métaphysique et de morale
“ Aussi M. Georg Lasson, un des hommes qui connaissent et comprennent le mieux Hegel, l’éditeur de l’Encyclopédie et de la Philosophie du Droit, a-t-il pris l’initiative de centraliser les études de ce genre dans un Hegel Archiv, qui réunira et publiera les travaux inédits, les projets, recensions, lettres, notes de Hegel, les lettres à lui envoyées, les rapports de ces contemporains sur sa personnalité et sa doctrine, une bibliographie de l’hégélianisme, etc., et qui fera enfin apparaître des essais sur la philosophie hégélienne et l’idéalisme allemand. ”
Edmond About,
Le roi des montagnes
“ Un brigand fit observer qu’il faudrait deux bâtons pour faire une croix. Hadgi-Stavros lui répondit : « Sois tranquille ; on mettra les bâtons du milord. » Je vous laisse à penser si mon cœur faisait un vacarme dans ma poitrine. Quels bâtons ? Qu’y avait-il de commun entre les bâtons et moi ? Le Roi fit un signe à son chiboudgi, qui courut aux bureaux et revint avec deux longues gaules de laurier d’Apollon. Hadgi-Stavros prit la civière funèbre et la porta sur la tombe. ”
Eugène Lerminier,
Introduction générale à l'histoire du droit…
(1835)
“ Rien que la philosophie du droit de Hegel appartienne à nos études, et que déjà nous y ayons porté d'attentifs regards, nous respecterons quelque temps par notre silence tant de graves et formidables questions. Nous ne voulons aujourd'hui qu'indiquer les vues et les divisions que Hegel jette dans l'histoire du monde, et encore nous ne le faisons qu'entraîné à la suite de notre historien, qui par son analogie fanatique avec son maître nous y contraint. ”
Henri Heine,
Revue des Deux Mondes
“ Le maître alors grommela en lui-même : « Les étoiles, hum ! hum ! les étoiles ne sont qu’une lèpre luisante sur la face du ciel. » - « Au nom de Dieu ! m’écriai-je, il n’y a donc pas là-haut un lieu de béatitude pour récompenser la vertu après la mort ? » Mais Hegel, me regardant fixement de ses teux blêmes, me dit d’un ton sec : « Vous réclamez donc à la fin encore un bon pourboire pour avoir soigné madame votre mère malade, et pour n’avoir pas empoisonné monsieur votre frère ? » ”
Émile Beaussire, Le centenaire de Hegel en 1870
“ Hegel va bien plus loin. Il ne fait pas seulement du vaincu le justiciable, il en fait la juste proie du vainqueur, comme attestant par sa défaite même son infériorité intellectuelle et morale. La victoire distribue les rangs entre les peuples ”
Edmond Scherer,
Hegel et l’Hégélianisme
“ Le devenir est la conciliation des deux termes qui semblaient s’exclure et qui cependant restaient inhérens l’un à l’autre. Il n’y a que le premier pas qui coûte ; avec le devenir, nous allons sentir le terrain se raffermir sous nos pieds. Le résultat du devenir, c’est l’existence, quelque chose ; mais quelque chose trouve sa négation dans autre chose, et, se repoussant cette autre chose, il se renferme en soi-même, il se rapporte à soi-même, il devient en un mot ce que Hegel appelle l’être pour soi. — Second groupe ternaire, seconde transformation. ”
