“ Après la mort de Chems eddin Alharîry, et lorsque Borhàn eddin, fils d’Abd Alhakk, le hanéfite, eut été nommé à sa place, les émirs conseillèrent à Almélic annâcir de faire asseoir au-dessus de celui-ci le kàdhi mâlikite, et rappelèrent que tel était l’usage anciennement, puisque le kàdhi des mâlikites, Zeïn eddîn, fils de Makhloùf, suivait immédiatement le kàdhi des châleïtes, Taky eddin ibn Dakîk Al’îd. ”
Abd al-Malik ibn Marwan
Définition et enjeux
Citations sur “Abd al-Malik ibn Marwan”
Stanislas Guyard, La civilisation musulmane : leçon d'ouverture faite au Collège de France… (1884)
“ Après Moawiya, il faut descendre jusqu'à Abd al-Malik pour signaler des innovations importantes dans les institutions musulmanes. Avant cette époque, les livres administratifs étaient tenus par des Grecs et des Persans qui rédigeaient les actes en leur propre langue. Abd alMalik décréta l'emploi exclusif de la langue arabe. C'est aussi ce khalife qui fonda le système monétaire musulman et qui fit frapper le premier des monnaies à légendes exclusivement arabes, dînârs, ou deniers d'or valant environ douze francs, et dirhams, ou drachmes d'argent équivalant à peu près à notre franc. ”
Benjamin Vincent, Études sur la loi musulmane (rit de Malek… (1842)
“ Au nombre de ses ouvrages est un commentaire d'Ibn El-Hhàdjeb, commentaire dans lequel la bénédiction fut mise et que l'on accueillit avec faveur. La bonté de son esprit s'y fait remar- quer; il s'y applique à indiquer les autorités dont émanent les dires, et il s'y appuie fréquemment sur les opinions adoptées par Ibn Abd Es-Selâm, sur ses citations; sur ses discussions ; ce qui montre qu'il appréciait la valeur de l'homme, et il n'y a que le mérite qui sache reconnaître le mérite. J'ai vu un fragment de commentaire de l'Al fva d'Ibn Malek, qui faisait, dit-on, partie de ses oeuvres. ”
Benjamin Vincent, Études sur la loi musulmane (rit de Malek… (1842)
“ Abou Abd El-Selâm ben Saaïd Et-Tenoukhy, connu sous le nom de Sehbnoun, né en 160, en Syrie, mort en 2^0, à Qeyraouân. Il étudia d'abord en Afrique, puis à Médine et en Égypte, sous un grand nombre de docteurs, entre autres Ibn El-Qâcem. II contribua puissamment à la propagation du rit de Malek. On verra plus loin quelle ;part il prit à la composition du livre qui tient le premier rang parmi les livres de jurisprudence de ce rit. ”
Auteur : Jérôme et Jean Tharaud, Revue des Deux Mondes
“ V. — RETOUR À MARRAKECH Il n’y a plus à espérer maintenant que le marabout de l’Ahansal vienne faire sa soumission. Le voudrait-il, il ne le pourrait plus. Après cette mort d’Abd El Malek, le voici plus que jamais prisonnier de ses tribus et de son pouvoir miraculeux. Quant à nous, il ne peut être question de nous engager plus avant dans ces gorges de montagnes, où quelques hommes résolus tiendraient en échec une armée. ”
Maurice Caudel, Les premières invasions arabes dans l'Afrique du Nord… (1900)
“ L'effectif de celles-ci est significatif : H'assân n'emmène avec lui que 6,000 hommes, el Mâleki vient de nous le dire. C'est assez peut-être pour mettre en sûreté (ce sont les propres expressions de l'auteur) les musulmans de Qaïrouân contre l'ennemi, c'est trop peu pour l'attaquer. La faiblesse du secours fourni par 'Abd el Melik s'explique, quand on considère les difficultés auxquelles le khalife est en proie en Orient à cette date de 69. Il lutte à la fois contre 'Abd Allah ibn ez-Zobaïr qui tient toujours la Mekke, et les Khaouâridj qui ont soulevé l'Iraq. ”
Louis Viardot,
Scènes de moeurs arabes : Espagne…
(1834)
“ Abd-al-Malek a marché contre eux, et ils se sont dispersés à son approche, comme la poussière chassée par le vent qui précède l'orage. Il n'a point violé la coutume fondée par l'oncle du prophète , Aly , le saint en Dieu, pour régler la guerre entre musulmans ; il n'a pas poursuivi l'ennemi au-delà d'un canton, il ne l'a point tué hors du champ de bataille, il n'a point bloqué ses places plus d'une demi-lune. ”
“ Le susdit Abd Allah avait un cousin germain nommé Haçan, qui habitait Wàdi Nakhlah, mais il se trouvait alors à la Mecque. Je l’informai de ce qui était arrivé à son cousin. J’allai aussi trouver le pieux cheïkh, l’imâm Abou Abd Allah Mohammed, fils d’Abd arrahmân, surnommé Khalil. C’était l’imâm des mâlikites. (Que Dieu nous en fasse profiter !) Je l’informai de la nouvelle, et il envoya aussitôt un certain nombre de Mecquois, versés dans la connaissance de ces montagnes et de ces gorges, pour chercher le fils de Ferhàn. ”
“ Quand Chihâb eddîn parvint à l’âge viril, il chassa son beau-père, le vizir ’Abd Allah, et l’exila dans les îles de Souweïd. Il resta seul maître du pouvoir, choisit pour vizir un de ses affranchis nommé ’Aly Calaky, qu’il destitua au bout de trois années et qu’il exila à Souweïd. On racontait du sultan Chihâb eddîn qu’il allait trouver nuitamment les femmes des fonctionnaires de son royaume et de ses courtisans. On le déposa à cause de cela et on le déporta dans la région d’Hélédoutény (plus haut, on lit Hélédommety) ; puis on y envoya quelqu’un qui le tua. ”
“ C’est ainsi que ces individus agissent à l’égard des visiteurs dont ils conçoivent une opinion favorable. De cette façon même, je reçus l’hospitalité du kâdhi de Zhafâr, le pieux Abou Hàchim ’Abd Almalic azzebîdy. Il me servait en personne, il lavait mes mains, et ne chargeait nul autre de ces soins. A peu de distance de ladite zàouïah est la chapelle sépulcrale des prédécesseurs du sultan Almalic almoghith (le roi qui porte secours) . Elle est en grande vénération dans ce pays ; et c’est là que se réfugient, jusqu’à ce qu’ils soient satisfaits, ceux qui cherchent à obtenir quelque chose. ”
“ DU SULTAN DE MÂLLI. Le souverain de Mâlli, c’est Mensa Soleïmân ; mensa signifie sultan, et Soleïmân est son nom propre. C’est un prince avare, et il n’y a point à espérer de lui un présent considérable. Il arriva que je restai tout ce temps à Mâlli sans le voir, à cause de ma maladie. Plus tard il prépara un banquet de condoléance, à l’occasion de la mort de notre maître Aboû’l Haçan (que Dieu soit satisfait de lui !) . Il y invita les commandants, les jurisconsultes, le juge et le prédicateur ”
“ Quelques gens de cette tribu vinrent l’y trouver et il leur remit ce qui lui était écho en partage, ainsi que la part des enfants d’Abd-el-Mottalib, puis il rendit aux hommes leurs femmes et leurs enfants. Malek, fils d'Aouf, chef des Benon-Hawazin, se rendit alors auprès du prophète et se convertit à l'Islamisme. Comme il paraissait pénétré d'une foi vive, le prophète hui donna le commandement de sa tribu et de toutes celles de cette nation qui avaient embrassé l'Islamisme. ”
Leconte de Lisle,
Histoire du Moyen-Âge
“ Mervan Ier reconquit cette dernière province ; et, dès l’avénement de son fils Abd-El-Malek (685) , Hégiage écrasa tous les ennemis des Ommyades, rétablit l’unité de l’empire et affermit cette dynastie sur le trône. Résolu à tous les sacrifices pour soumettre l’Afrique, Abd-El-Malek jeta dans le désert Libyque quarante mille musulmans, sous la conduite d’Hassan. Ce général conquit presque toutes les villes du littoral africain ; et malgré les efforts des lieutenants de l’empereur Léonce, Carthage tomba au pouvoir des Arabes. ”
Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850
“ La prise d’Alger par les Français venait de porter un coup terrible à l’empire des Deys et à la domination turque. Le vieux marabout déchira le voile qu’il n’avait fait qu’entr’ouvrir et se mit à prêcher la guerre sainte. Des milliers d’Arabes accoururent et se rangèrent sous ses ordres ; on vit bientôt le puissant gouverneur d’Oran, Hassan, réduit à demander asile à celui dont il avait mis la tête à prix. Le marabout allait lui offrir l’hospitalité et ses services ; mais Abd-el-Kader s’y opposa énergiquement, et le bey d’Oran dût se rendre quelques jours après à nos troupes. ”
“ Au nombre de ceux qui arrivèrent à son illustre porte, et qui, après avoir traversé les étangs des autres contrées, parvinrent à cette mer immense, se trouvait le cheïkh, le jurisconsulte, le voyageur, l’homme digne de foi, sincère, qui a voyagé dans toute la terre et en a traversé les diverses régions en long et en large, Abou Abd Allah Mohammed, fils d’Abd Allah, fils de Mohammed, fils d’Ibrâhîm alléouâty atthandjy, plus connu sous le nom d’Ibn Batoutah, et désigné, dans les contrées de l’Orient, par celui de Chems eddin. ”
“ La coutume des insulaires, faibles ou puissants, était de saluer le vizir ’Abd-Allah de la même manière que le vizir Djémâl eddîn. Leur salutation consiste à toucher la terre avec l’index, puis à le baiser et à le placer sur leur tête. Je donnai des ordres au crieur public, et il proclama dans le palais du souverain, en présence de témoins, que tout individu qui rendrait hommage au vizir ’Abd-Allah de la même manière qu’au grand vizir encourrait un châtiment sévère. J’exigeai de lui un engagement de ne plus laisser les hommes agir ainsi. ”
Conférences franco-marocaines. Tome 1 (1916)
“ Si Abd el Malek n'accepta pas sans hésitation la mission qui lui était offerte. L'une des raisons qui le décidèrent fut qu'une intervention chez les Haha lui plaisait Il y voyait la possibilité de réaliser le rêve héréditaire de sa famille : mettre la main sur cette puissante confédération. Il trouvait là encore une occasion inespérée de prouver son loyalisme et sa sincérité, en même temps que son importance. Le 8 juin 1913, il quittait Marrakech, décidé à tout mettre en œuvre pour obtenir le succès. ”
Auteur : Jérôme et Jean Tharaud, Revue des Deux Mondes
“ À quelques pas de là, une vingtaine d’esclaves tenaient à bout de bras des tapis, formant une tente à ciel ouvert où l’on avait porté le jeune Abd El Malek, afin de le soustraire aux regards. Seules, deux personnes de sa suite avaient suivi le médecin dans cette chambre improvisée et l’adjuraient, suivant l’expression marocaine, « de donner son doigt le meilleur, » c’est-à-dire d’employer pour le blessé toutes les ressources de son art. ”
Jules Duval,
Politique coloniale de la France…
“ Pour le gouvernement des âmes, l’islamisme se personnifie dans les marabouts qui en sont les docteurs et les prêtres. Aux yeux de tout musulman, noir ou maure, le marabout est l’homme de Dieu. Toujours humblement vêtu, les jambes nues, les pieds chaussés d’une grossière semelle de cuir ou de bois, les mains et le cou entourés de chapelets à gros grains, il se prive de tout plaisir ”
Édouard Gouin, L'Égypte au XIXe siècle, histoire militaire et politique… (1847)
“ N'est-ce pas nous qui avons détruit les chevaliers de Malte, parce que ces insensés croyaient que Dieu voulait qu'ils fissent la guerre aux Musulmans? N'est-ce pas nous qui avons été dans tous les temps les amis du Grand-Seigneur (que Dieu accomplisse ses desseins!) et l'ennemi de ses ennemis? Les Mamluks, au contraire, ne se sont-ils pas toujours révoltés contre l'autorité du Grand-Seigneur qu'ils méconnaissent encore? Ils ne font que leurs caprices. Trois fois heureux ceux qui seront avec nous! ils prospéreront dans leur fortune et leur rang. Heureux ceux qui seront neutres ! ”
Général Mangin, Revue des Deux Mondes
“ La pacification du Maroc reste une œuvre de longue haleine car sur la sauvage indépendance des montagnards Berbères l’autorité du Sultan était souvent nominale, et l’histoire de l’Islam est faite des révoltes religieuses que les marabouts fanatiques ont dressées périodiquement contre le pouvoir chérifien. ”
Nicolas Perron, Femmes arabes avant et depuis l'islamisme (1858)
“ Écoute, reprend El-Chathâ; moi, je te vais indiquer ce qu'ils sont et ce qu'ils valent. D'abord, ils sont tous frères, tous magnifiques. L'aîné qui est Mâlik, est tout audace et courage ; il lance à pleine vigueur ses rapides coursiers ; il méprise les plus grands dangers. Le second, c'est Ramr (profond) ; c'est une mer profonde, terrible ; la gloire est au-dessous de ce qu'il mérite ; c'est la générosité même, et aussi c'est l'épervier redoutable. Le troisième est Alkamah, révéré et redouté de partout; sachant repousser les injures; ardent jusqu'à la folie dans l'exécution de ses projets. ”
Ernest Zeys, Traité élémentaire de droit musulman algérien… (1885-1886)
“ Mais, chose remarquable, le rigorisme des Malékites a toujours protesté contre cette tolérance qu'ils considèrent comme excessive. Malek ne craint pas de critiquer ce qu'il considère comme un abus; ce fait est unique dans le droit musulman. Le grand iman fait remarquer que le verset par lequel ces mariages mixtes sont permis contient également une pressante recommandation au fidèle de veiller sur sa foi ; il accepte cette exception avec répugnance ; il la déclare surtout blâmable lorsque le musulman réside en pays infidèle, où sa foi court plus de risques qu'ailleurs (2) . ”
Edward Gibbon,
Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain
“ Durant la vie d’Alp-Arslan, son fils aîné, Malek-Shah avait été reconnu héritier présomptif du trône des Turcs ; mais à la mort du sultan, l’oncle de Malek, son cousin et son frère, lui disputèrent la succession : ces trois compétiteurs prirent les armes et rassemblèrent leurs troupes ; Malek-Shah [41] , en triomphant d’eux tous, établit à la fois sa réputation et le droit de primogéniture. Dans tous les temps la soif de l’autorité a inspiré les mêmes passions et occasionné les mêmes désordres, principalement en Asie ”
“ Les musulmans sont les gens les plus considérés dans ce pays-là, si ce n’est que les indigènes, ainsi que nous l’avons dit, ne mangent pas avec eux et ne les font pas entrer dans leurs maisons. Il y a dans le Malabar douze sultans idolâtres, parmi lesquels il s’en trouve de puissants, dont l’armée s’élève à cinquante mille hommes, et de faibles, dont l’armée ne monte qu’à trois mille hommes. Mais il n’y a parmi eux aucune discorde, et le puissant ne convoite pas la conquête de ce que possède le faible. ”
Auteur : Jérôme et Jean Tharaud, Revue des Deux Mondes
“ Elevant alors un peu le ton et s’adressant à nous tous, le Fqih nous dit qu’il ne souhaitait à personne le sort cruel qui venait de frapper Abd El Malek, mais que pourtant son fils était mort de la plus belle mort que puisse envier un homme, et que pour lui il était fier qu’il fût tombé pour le makhzen. ”
A. Rançon, Le Bondou: étude de géographie et d'histoire soudaniennes
“ Un jour, on ne sait comment ni par qui, Malick-Sy avait appris qu’un grand chef des pays du nord-est et du Fouta-Toro possédait un sabre merveilleux doué de ce privilège étrange : « Que quiconque verrait sa lame et l’aurait longuement contemplée était sûr de monter tôt ou tard sur le trône, quand même serait-il le dernier des hommes, de n’importe quel pays et de n’importe quelle condition que ce soit. » Malick avait appris dans ses voyages que ce chef n’était autre que Farègne, roi des Diawaras, dont la résidence était Diara, capitale du Touroungoumé. ”
Guillaume-Thomas Raynal,
Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans l'Afrique…
(1826)
“ La milice algérienne est toute composée de Turcs : elle est ici ce qu'ont été les janissaires à Conslantinople, ou les Mamelucks en Egypte ; c'est elle qui fait la loi : elle a plus d'une fois ôté et donné le trône, et fait périr les princes qui ne lui convenaient pas. Cette milice excède rarement dix à douze mille hommes ; elle suffit pour tenir dans la soumission et dans la crainte une population de cinq millions d'âmes, qui déteste son joug en cédant à la nécessité d'obéir à cette soldatesque barbare. ”
Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang (1878)
“ MALÉKITES, secte musulmane, née au VIIIe siècle et ainsi nommée de Malek, son fondateur, n'est qu'une branche des Sunnites et suit un des quatre rites orthodoxes de l'Islamisme. Les Arabes et les Maures de l'Algérie sont malékites. MALEPEYRE (Gabriel VENDANGES des) , conseiller au présidial de Toulouse, m. en 1702, cultiva la poésie avec quelque succès et se distingua en même temps par ses connaissances en peinture, en sculpture et en architecture. ”
“ L’une d’elles, dirigée par les Oudaya, milice du palais, qui jouait à Maroc le rôle des janissaires à Constantinople, put sembler menaçante au nouveau sultan. L’origine de cette milice explique sa puissance : Muley-Ismaïl avait amené du désert, où il était allé guerroyer contre le roi de Tombouctou, un grand nombre de noirs qu’il avait enrégimentés. Ce corps, isolé au milieu de populations qui le haïssaient, avait pour unique intérêt l’intérêt de son maître. Il parvint à le défaire de ses enfans et à pacifier l’empire. ”
