Auteur : François de Witt-Guizot

Élements biographiques

Auteur : François de Witt-Guizot Revue des Deux Mondes

A la base de la représentation proportionnelle est le scrutin de liste. Le nombre de députés à attribuer à chaque liste doit découler, par un calcul simple, du nombre de voix recueillies par chacune d’elles le jour même de l’élection. Si l’on admet, comme plusieurs États le font pour certaines élections, le vote limité [11] , c’est-à-dire le vote de chaque électeur pour un nombre de candidats inférieur à celui des députés à élire, on porte atteinte à la liberté du vote en fixant, antérieurement à ce vote, le nombre des députés revenant à chaque parti.
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Auteur : François de Witt-Guizot Revue des Deux Mondes

« peuple français assemblé dans ses comices, » disait-on en 1793 ; peu importent titres et formules, les faits ne se modifient guère : depuis le premier essai de suffrage semi-restreint de 1791 ou l’établissement du suffrage universel en 1848, on peut dire que le « corps électoral » est demeuré, d’élections en élections, aussi peu éduqué, aussi peu organisé, aussi amorphe ou incohérent, mais que, chaque fois, en revanche, il s’est montré soumis davantage à la tyrannie du nombre et à la férule gouvernementale.
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Il serait ainsi assuré d’une majorité de gauche de 106 voix. Or les élus du Bloc sont au nombre de 395, et ceux de l’opposition de 180, ce qui représente une majorité de 215 voix. Cette majorité est donc, de par la loi électorale et l’organisation des circonscriptions, aujourd’hui grossie de 109 voix qui ne correspondent pas à la véritable majorité des suffrages émis par l’ensemble des votans.
La disproportion n’est pas moins choquante entre ce qu’on peut appeler la masse électorale des députés et leur capacité législative.
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