Camille Bias

Élements biographiques

Camille Bias Les Faux Monnayeurs au dix-neuvième siècle

Si le papa Radèze a du goût pour l’état de père nourricier, ça ne regarde personne que lui. Conséquemment, mère Lapointe, laissez-le en repos, ce brave homme-là.
L’enfant esquiva le soufflet à lui destiné par la vieille, qui était sa parente, et l’on se sépara en riant fort de l’humanité du pauvre brocanteur.
À dater de ce jour, la réputation de Félix Radèze fut établie, et l’on ne se serait plus occupé de lui si, dans la rue des Filles-Dieu, il eût été dans les choses possibles de ne pas s’occuper de ses voisins.
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Camille Bias Les Faux Monnayeurs au dix-neuvième siècle

La façon dont il vit est de tous les âges : Félix Radèze est le plus sale, le plus noir et le plus original des brocanteurs du quartier.
Il à repris la boutique de père et mère, morts en trois jours du choléra, et il a élevé un jeune frère qu’ils lui ont laissé, avec leur fonds de bric-à-brac. La seule chose que les camarades reprochent à Félix, c’est d’élever son frère en monsieur, en gandin ; il s’est, comme ils disent, saigné des quatre membres pour le mettre au collège, et le jeune homme ingrat — cela devait être — ne vient qu’à de rares intervalles visiter le frère auquel il doit tout.
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Camille Bias Les Faux Monnayeurs au dix-neuvième siècle

Il est vrai qu’en dépit des remontrances de ses confrères, il se permet parfois un luxe de générosité fort au-dessus de ses moyens. C’est ainsi qu’un soir il ramassa au coin d’une borne un paquet, dont le contenu resta un mystère jusqu’au lendemain. Mais le jour suivant, un bruit se répandit dans la rue des Filles-Dieu, et la boutique de Radèze se trouva bientôt encombrée de curieux : la trouvaille du brocanteur était une petite fille bien portante, belle à ravir, et enveloppée de langes remarquablement fins.
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