Collectif, directeur Martial Moulin

Élements biographiques

Collectif, directeur Martial Moulin La Libre revue

Mais rien n’était plus capable de détourner son attention : il voyait, à ses pieds, l’armure gisante mais complète du marchese Orlando. Frénétiquement, il en rassembla les parties éparses, et, serrant sur sa poitrine la défroque guerrière de son héros, il s’enfuit, dégringolant l’escalier dans un effroyable tintamarre qui fit mourir d’angoisses un vieux capitaliste, aboyer les chiens, sacrer les dormeurs, et croire aux suaves jeunes filles, cachées en leurs lits virginaux, qu’un tragique amoureux mettait tout à feu, à sac et à sang pour arriver jusqu’à elles...
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De là des rires. À pleines lèvres, les danseurs lampaient des brocs de vin et embrassaient leurs danseuses, point farouches. Celles-ci ne semblaient pas se soucier de justifier l’opinion de Sand sur la suavité des mœurs campagnardes : elles s’en donnaient à cœur-joie. De temps en temps, un couple désireux de s’adonner à d’autres exercices se retirait, discret. Et les cuivres rugissaient comme une bande de fauves affamés
Tout à coup le souffle et les jambes manquèrent aux musiciens et aux danseurs. Pareils à des bolides, deux hommes faisaient irruption dans le bal.
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Et un petit homme tordu, au teint huileux et violâtre, à l’œil gris, vint secouer le captif râlant et blêmissant. « Garrottons-le ! cria-t-on. Allons, les mains ! » L’homme tendit les mains. Alors un pain qu’il dissimulait sous son bourgeron tomba dans la neige. « Retrouvé ! » clama le villageois violâtre en ramassant la miche dorée. Le cache-nez rouge du prisonnier servit à ligoter ses poignets.
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