Henri Brocher de La Fléchère

Élements biographiques

Portrait de Henri Brocher de La Fléchère Henri Brocher de La Fléchère Les révolutions du droit : études historiques destinées à faciliter l'intelligence des institutions sociales… (1878)

La philosophie peut aussi bien que la jurisprudence avoir besoin de fictions; il est permis d'en admettre dans l'un des domaines comme dans l'autre; ce qui ne l'est pas, c'est de leur attribuer une valeur qui ne leur appartient pas, c'est de les prendre ou de les donner pour des vérités absolues.
Une fois admise, ne fût-ce qu'à titre de fiction, la notion de cause joue dans le monde de nos idées un rôle immense. Tous nos actes, toutes nos pensées, toutes les circonstances du monde extérieur ne nous intéressent qu'à titre de causes de souffrance ou de jouissance.
Source : Gallica

Portrait de Henri Brocher de La Fléchère Henri Brocher de La Fléchère Les révolutions du droit : études historiques destinées à faciliter l'intelligence des institutions sociales… (1878)

Il est impossible de forcer un esprit à croire ce qu'il ne croit pas; tout au plus réussira-t-on à l'empêcher de laisser voir ce qu'il pense, et à lui faire exprimer des sentiments qu'il n'éprouve pas. Or, le premier intérêt des peuples comme des individus, c'est le développement de la conscience, et la condition de ce développement, c'est le commerce des idées. Empêcher les hommes de se communiquer leurs opinions, de les enrichir par des emprunts, de les épurer par des comparaisons, c'est leur retrancher la nourriture morale, c'est condamner leur âme à périr d'imanition.
Source : Gallica

Portrait de Henri Brocher de La Fléchère Henri Brocher de La Fléchère Les révolutions du droit : études historiques destinées à faciliter l'intelligence des institutions sociales… (1878)

Pour le souverain, le droit rentre dans la morale; pour les sujets, il s'en distingue : le droit que le premier impose est une application de sa liberté; celui que les autres subissent est une restriction de la leur. Aussi n'y a-t-il dans un certain sens de droit que pour les volontés servantes; pour la volonté dominante, il n'y a que de la morale, de la morale privée et de la morale publique qui prend le nom de politique. Si l'on parle d'un droit auquel est soumis le souverain, c'est que celui-ci ne mérite pas de tous points son nom et qu'on le considère d'un côté par lequel il est assujetti.
Source : Gallica

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