J. François-Cressen

Élements biographiques

J. François-Cressen Revue des Deux Mondes

Les Osmanlis sont à nos yeux un peuple arrivé à un point extrême de criticisme, n’ayant plus aucune foi en sa force ; assez lié, d’un côté, par l’autorité d’une religion, qui est à la fois toute l’organisation sociale, pour ne point oser marcher violemment dans un nouveau système, et de l’autre trop détaché du Koran pour en tirer de l’unité d’action, et ce fanatisme qui les a menés si long-temps à la gloire. Ils restent là, n’avançant que pas à pas, lorsque l’Europe est en pleine course sur la route du progrès.
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J. François-Cressen Revue des Deux Mondes

Les Curdes, la plupart Yezdis ou adorateurs du mauvais esprit, et les Turcomans, sont les plaies de l’Anatolie, où l’on marche souvent douze à quinze heures sans trouver de culture et sans voir autre chose qui sente l’homme qu’un café abandonné. Les Principautés, la Servie, le pays des Curdes, les pachaliks de Syrie, l’Égypte, l’Albanie musulmane, tout cela n’appartient à l’empire que nominativement. Les Turcs ne sont, à proprement dire, une puissance que dans Constantinople ; tout est mort ailleurs, tout s’écroule avec les murs de leurs vieux forts.
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J. François-Cressen Revue des Deux Mondes

Avec la diplomatie qui ne travaille point en grand, qui raccommode et qui ne construit point, ils continueront encore long-temps à se débattre contre leur croupissante désorganisation ; mais dès que l’on songera à refaire l’Europe sur un nouveau plan, à redresser nos états si difformes, nos limites boiteuses ; quand nous pourrons hâter l’avenir de l’humanité, nous donnerons peut-être un autre tour à la politique, et alors, au lieu d’aider à replâtrer l’édifice social en Turquie, nous le renverserons d’une manière ou d’une autre.
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