Lieutenant Général Den Beer Poortugael

Élements biographiques

Lieutenant Général Den Beer Poortugael Revue des Deux Mondes

Seulement ces conquêtes n’ont pas jamais été reconnues par le fait seul qu’il a semblé bon à l’une des parties belligérantes de déclarer qu’elle avait conquis les territoires de l’autre. Ce serait en vérité trop facile, et il n’est pas encore entré dans la coutume des nations, non plus que dans le droit des gens, de fonder la conquête d’un pays purement et simplement sur cette phrase : « Attendu que je l’ai pris. » Le droit de conquête, aussi bien que le droit d’occupation, est un droit qui repose sur le fait.
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Jamais personne n’a eu la prétention de fixer la quantité des forces nécessaires pour se défendre « d’une manière régulière » et par conséquent pour avoir le droit de se défendre, ni la prétention de restreindre, en l’interprétant, cette maxime posée par Napoléon, de faire toujours ce que l’ennemi n’aime pas qu’on fasse. Si la guerre par petits paquets est désagréable et désastreuse aux Anglais, raison de plus pour que les Boers y recourent ; c’est leur droit, et c’est la tactique qui leur est commandée par la saine raison.
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Lord Roberts, proclamant l’annexion des Républiques sud-africaines, part de ce point : « Attendu que certains territoires de l’Afrique australe... ont été conquis. » Sans doute le droit de conquête est un droit reconnu par presque toutes les sommités du droit international et consacré par l’histoire de tous les temps. Presque tous les États qui existent au monde se sont formés par des conquêtes. Depuis un demi-siècle pourtant, des voix se sont fait entendre qui réclament pour les peuples le droit d’opter, le droit de n’être pas, comme un troupeau de moutons, transférés d’un maître à un autre.
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