“ MANUELITA. Comme vous le voyez, Señor Vertigo ! VERTIGO. M’aimez-vous aujourd’hui ? MANUELITA. Pas plus qu’hier. VERTIGO. Méchante ! Ça serait si gentil, pourtant, de réunir en une seule, nos deux hôtelleries, de confondre nos deux enseignes !... Au Crocodile et à l’Espérance réunis !... Refuser la main du premier aubergiste d’Elizondo, du meilleur serpent de la paroisse, du meilleur tailleur, du facteur de la poste, de l’homme universel enfin !... (Il rentre.) MANUELITA. L’ennuyeux personnage !... La sotte chose qu’un homme, quand il vous aime et que vous ne l’aimez pas !... ”
Léon Battu
Élements biographiques
Léon Battu (1828-1857) a publié des œuvres comme Pepito. Ses écrits évoquent Manuelita, Pepito ou corrégidor.
Citations de Léon Battu
“ Mais, vous savez bien, Vertigo, qu’on ne dispose pas de ces choses-là à sa fantaisie, et que, depuis longtemps, mon cœur n’est plus à moi. VERTIGO. Quoi ! au bout de trois ans d’absence, vous pensez encore à ce petit Pepito ?... MANUELITA. Si j’y pense ! je le crois bien ; et j’y penserai toujours. VERTIGO. Eh bien ! vous en serez pour vos pensées, car vous ne savez pas comme c’est volage, les lanciers... et celui-là vous a sans doute oubliée depuis longtemps. MANUELITA. M’oublier, lui ! Pepito !... Apprenez, señor Vertigo, que mon fiancé est brave et fidèle comme le Cid ! Ah ! ”
“ MANUELITA. Ah ! il est amoureux ? MIGUEL. Comme un Portugais. MANUELITA, baissant les yeux. Et... vous savez de qui ? MIGUEL. Non... il ne me nomme pas sa fiancée (car il est fiancé) ; mais, en revanche, il m’en fait le portrait dans toutes ses lettres... Il l’adore, dit-il, à en perdre la tête. MANUELITA, à part. Bon Pepito ! je le lui rends bien. MIGUEL. Mais laissons là Pepito, et parlons de vous, Manuelita. Vous avez toujours votre petite hôtellerie ? MANUELITA. Toujours ! MIGUEL. Alors, c’est à l’hôtelière que je m’adresse. Je vous dirai, señora, que je meurs d’inanition. ”
