Société française de philosophie

Élements biographiques

Société française de philosophie Revue de métaphysique et de morale

Ouvrez un manuel de physique; on y dissertera parfois, aux premières pages, sur les propriétés générales de la matière, sur sa divisibilité, son impénétrabilité, etc., mais on s’abstiendra soigneusement de rechercher la sensation immédiate, de la distinguer d’avec la perception. Qu’est-ce à dire ? Tout simplement que la science — provisoirement s’entend et en tant que point de départ — se sert des perceptions en leur entier, telles que les sens semblent les offrir dès l’abord à l’homme non prévenu.
L’ensemble de ces perceptions est désigné en philosophie comme le monde du «réalisme naïf».
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Assurément, les mécanistes ne tombent pas dans cet excès; mais c’est qu’alors chez eux les atomes, incréés, indestructibles, indéformables, étrangers à notre sensation, sont, comme chez Démocrite, des substances. En d’autres termes, l’esprit humain dès que, par le sens commun, il a saisi le concept d’une réalité extérieure au moi, se montre impuissant à l’abandonner au cours de l’ensemble des recherches que nous désignons sous le nom de science.
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Il n’empêche que la physique a manifestement la tendance de traiter ces concepts en choses réelles.
A certains égards la réalité qu’elle leur attribue est même supérieure à celle que le sens commun suppose aux objets crées par lui. En effet, le caractère distinctif de ces derniers, la perdurabilité, se trouve ici intensifié. Tous les objets du monde extérieur que nous connaissons se modifient dans le temps et par l’action du temps, nous en avons la conviction immédiate et absolue, cette conviction faisant d’ailleurs partie intégrante de notre concept du temps lui-même.
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