A. Moreau de Jonnès

Résumé

A. Moreau de Jonnès Revue des Deux Mondes

Si leur répartition avait eu lieu proportionnellement au revenu, celui-ci n’aurait été réduit que de moitié pour chaque contribuable ; et chaque hectare de terre en valeur aurait donné à son propriétaire, sans distinction de classe, une rente égale au quart de son produit brut. Mais il en était autrement par l’effet des institutions féodales, qui, en 1789, exemptaient encore des plus lourdes taxes les biens de la noblesse et du clergé.
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Au total, pour toute charge publique, 420 francs par personne ; ce qui laissait à chacune un revenu libre d’environ 2,160 francs ; c’est-à-dire double de celui de chaque ecclésiastique et centuple de celui de chaque individu des communes. La noblesse avait en masse un revenu dégrevé de tout impôt, montant à 325 millions, faisant beaucoup plus d’un quart de celui du royaume ; et sur 100 francs obtenus de toute sorte de biens ou de salaires, il lui en revenait plus de 27.
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La proportion du revenu disponible des différentes classes d’habitans du royaume, était tellement inégale, que cinquante-cinq individus des communes devaient subsister de la part que prenait un seul ecclésiastique dans la fortune publique ; et que cent huit devaient vivre une année entière de ce qu’obtenait chaque gentilhomme de la richesse de l’état et des biens de ses ancêtres.
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