Résumé

Alphonse Viollet Les poètes du peuple au XIXe siècle (1848)

Soit art, soit calcul, le jeune ouvrier a mêlé avec beaucoup de bonheur à ses peintures brillantes des traits de sentiment ou de grandes pensées qui leur donnent un relief considérable. Ainsi, dans le fond de la mer qu’il cherche à sonder, il voit l’image du fond du cœur humain; une barque abandonnée sur le sable par le reflux de la mer lui paraît le soir de la vie humaine dépouillée de ses illusions, assombrie par les nuages ternes de la réalité, ou bien les flots de fumée qui s’élèvent vers le ciel et se confondent le font rêver aux rivalités et aux haines des hommes.
Source : Gutenberg

Alphonse Viollet Les poètes du peuple au XIXe siècle (1848)

Malheur à qui s’écrie, en palpant son suaire,
Je n’ai point fait d’heureux... et je pouvais en faire!
Mais, bons petits enfants, si le soc du malheur
Doit toujours sans pitié vous labourer le cœur,
Ne désespérez pas... l’espérance aide à vivre.
Chaque jour de la vie est la page d’un livre,
Où le pinceau du temps, imbibé de nos pleurs,
Ici peint un désert, là, des bosquets de fleurs.
Oh! quand autour de soi l’on ne voit que des vices,
Des amours sans parfum, des amitiés factices,
De ces jeunes enfants que l’aimable gaîté
Réjouit aisément mon esprit attristé!
Source : Gutenberg

Alphonse Viollet Les poètes du peuple au XIXe siècle (1848)

Jusqu’à un grand succès constaté, le poète ouvrier est pour les uns un orgueilleux; pour les autres un fou; pour tous un niais. Il est donc contraint de s’isoler; et, comme le talent n’est que le résultat de l’inspiration pliée aux règles de l’art et dirigée par une observation constante du cœur et de l’intelligence humaine qu’il faut satisfaire, son isolement forcé devient un des obstacles les plus difficiles à vaincre pour qu’il parvienne à se faire comprendre de quelques-uns.
Source : Gutenberg

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