Léon de Wailly

Résumé

Léon de Wailly Revue des Deux Mondes

Ce n’était pas assez, cette fois, d’un cœur passionné et d’une imagination ardente, il fallait que l’adversité fécondât et fît éclore ces germes ; il fallait que l’ignorance en abritât la fleur. Et puis étonnons-nous que ce fruit divin soit si rare, et que, comme l’arbre merveilleux des contes orientaux, le génie ne fleurisse que tous les cent ans.
À l’époque où naquit Burns, l’Écosse était un terrain singulièrement propre à cette précieuse culture. La poésie a besoin d’un climat tempéré, entre le soleil dévorant de la civilisation et l’ombre glaciale de la barbarie.
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Léon de Wailly Revue des Deux Mondes

« Viens, mon joli petit Théodore, viens admirer de plus près mes grosses joues vermeilles ! viens déposer un baiser sur leur moelleux duvet, et que ce baiser t’enivre d’amour et de volupté ! »
Et tous, oiseaux, fleurs et fruits, répétaient en chœur : « Entre, Théodore, entre ! viens voir notre maîtresse, la maîtresse de ce palais enchanté ! C’est elle qui nous donne notre voix, nos parfums, notre saveur ! » — « Où est-elle, s’écrie Théodore hors de lui ? Ou est-elle ? que je dépose à ses pieds l’hommage respectueux de mon amour ! »
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Léon de Wailly Revue des Deux Mondes

Mais tout est malheur aux malheureux. Le mariage et la paternité, ces liens qui attachent les hommes à la vie, sont pour le pauvre autant de fardeaux sous lesquels il succombe. Dans des yeux adorés, il voit se multiplier l’image de sa propre misère, et à chaque coup dont le frappe l’adversité, le sang jaillit de plus d’une blessure.
Ces réflexions, Burns dut les faire souvent dans l’amertume de son cœur, lorsque le sommeil fuyait ses membres fatigués, et qu’il roulait dans sa tête mille projets avortés de fortune, qui se dissipaient comme des brouillards au soleil de la réalité.
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